La BCE met en garde les banques européennes contre des chocs « sans précédent »
latribune.fr
Le renforcement de la résilience bancaire face aux risques et aux incertitudes politiques reste une priorité absolue pour la Banque centrale européenne.
La Banque centrale prépare les banques à anticiper l’imprévisible en renforçant les standards de capitalisation et les normes de crédit.
La Banque centrale européenne (BCE) a lancé mardi un avertissement clair aux établissements bancaires de la zone euro : se préparer à des chocs sans précédent, susceptibles de provoquer de graves perturbations et d’importantes répercussions sur les systèmes financiers. Cette mise en garde intervient lors de la présentation des priorités de supervision de la BCE pour les trois prochaines années.
« Les banques de la zone euro doivent se préparer à des chocs sans précédent, susceptibles d'entraîner de graves perturbations et de profondes répercussions sur les systèmes financiers », souligne l’institution. La BCE appelle ainsi les banques à anticiper un environnement marqué par des chocs plus fréquents, allant des droits de douane aux cyberattaques, sans pouvoir toutefois connaître la nature exacte de la prochaine crise. Bref, les affres de l'incertitude.
Priorité absolue
Pour la BCE, la mise en place d’importantes réserves de liquidités, la modernisation des infrastructures technologiques, une gestion proactive et une supervision plus intrusive sont devenues essentielles. « Les tensions géopolitiques et l'évolution des politiques commerciales, les crises climatiques et environnementales, les changements démographiques et les bouleversements technologiques exacerbent les vulnérabilités structurelles, poussant la probabilité d'événements extrêmes à un niveau sans précédent », souligne la BCE.
Le renforcement de la résilience bancaire face aux risques et aux incertitudes politiques restera donc la priorité absolue de la Banque centrale. Elle insiste sur une « prise de risques prudente et une capitalisation adéquate ». Face à l’imprévisibilité de ces risques, l’institution prévoit de mettre en place un test de résistance inversé, où chaque banque devra proposer des scénarios susceptibles de provoquer l’épuisement de ses fonds propres.
Automobile, chimie, pharmacie...
Malgré ces alertes, la BCE note que les banques commerciales se portent bien pour l’instant et affichent une bonne résilience. La robustesse de leur rentabilité et la stabilité de la qualité de leurs actifs profitent d’une croissance économique soutenue et d’une inflation relativement stable. Dans ce contexte, « les exigences globales requises pour les banques en termes de capitaux resteront stables cette année ».
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Mais la BCE appelle à la vigilance. « Des risques importants de détérioration persistent, notamment en raison des tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE et des risques géopolitiques plus larges, qui pourraient affecter les secteurs à fort volume d'exportations vers les États-Unis, comme les secteurs de l'automobile, de la chimie ou de la pharmacie, et potentiellement entraîner une baisse de la qualité des actifs », prévient-elle.
Les marchés financiers restent également exposés à des corrections brutales, ce qui incite la BCE à rappeler que « les prix des actifs ne prennent peut-être pas suffisamment en compte les risques politiques ». Pour limiter l’impact de ces risques, la BCE recommande de maintenir une prise de risque prudente et d’appliquer des normes d’octroi de crédit rigoureuses afin de prévenir la constitution de futures créances douteuses.