Croissance de la zone euro : la Commission européenne optimiste pour 2025, pessimiste pour 2026

La Commission revoit à la baisse sa prévision de croissance en 2026 à 1,2 %.
GDFBB

La Commission revoit à la baisse sa prévision de croissance en 2026 à 1,2 %.
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Mieux qu'attendu cette année, mais moins bien que prévu l'année prochaine : la Commission européenne a présenté ses prévisions économiques dans la zone euro ce lundi 17 novembre.
En 2025, l'économie des vingt pays partageant l'euro va croître de façon plus marquée que prévu, à la faveur d'une hausse des exportations au premier semestre de l'année en anticipation des droits de douane américains. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro augmentera de 1,3% cette année, contre 0,9% attendu en juin, et après + 0,9% en 2024.
L'année prochaine, la croissance du PIB de la zone euro devrait ralentir à 1,2% en raison des tensions commerciales internationales, soit un peu moins qu'attendu précédemment par la Commission (+ 1,4%). Elle devrait accélérer à nouveau pour atteindre + 1,4% en 2027.
« Les incertitudes persistantes concernant la politique commerciale continuent de peser sur l'activité économique, et les droits de douane et les autres restrictions pourraient freiner la croissance dans l'UE plus que prévu », souligne l'exécutif européen.
« Dans un environnement hostile, l'économie européenne a continué à croître », a souligné dans un communiqué le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis. Mais « vu le contexte international difficile, l'UE doit agir de manière résolue pour libérer sa croissance interne », en accélérant ses réformes, a-t-il ajouté. Au sein de l'Union européenne, la croissance est attendue à 1,4 % en 2025 et 2026, et 1,5 % en 2027.
La Commission a par ailleurs légèrement relevé sa prévision d'inflation dans la zone euro pour l'année prochaine, à 1,9% (2,1% dans l'UE) contre 1,7% précédemment. Elle resterait ainsi proche des 2 %, l'objectif de la BCE, après 2,1% cette année. L'inflation atteindrait ensuite 2 % dans la zone euro en 2027, et 2,2 % dans l'ensemble de l'Union européenne.
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Le taux de chômage devrait pour sa part encore diminuer légèrement, passant de 6,3 % en 2025 à 6,2 % 2026 et 6,1 % % en 2027 dans la zone euro (5,9 % en 2025 et 2026, puis 5,8 % en 2027 dans l'Union européenne). « Dans un contexte de marché du travail toujours tendu, l'immigration hors UE devrait continuer de jouer un rôle de plus en plus important pour répondre à la demande de main-d'œuvre », souligne la Commission.
Dans le même temps, « la croissance des salaires dans l'UE devrait décélérer, passant de 4,0 % en 2025 à 3,3 % en 2026 et 3,1 % en 2027 » dans l'UE. Le déficit de l'UE devrait passer de 3,1 % du PIB en 2024 à 3,3 % en 2025 et 2026, puis à 3,4 % en 2027. Celui de la zone euro devrait passer de 3,1 % en 2024 à 3,2 % en 2025, 3,3 % en 2026 et 3,4 % en 2027.
Enfin, « le ratio dette/PIB de l'UE devrait passer de 82 % en 2024 à 85 % en 2027 (de 88 % à 91 % dans la zone euro), sous l'effet de déficits primaires persistants et d'un coût moyen du service de la dette publique supérieur à la croissance du PIB nominal ».
Pour la France, Bruxelles a très légèrement relevé sa prévision de croissance en 2025, à 0,7% contre 0,6% précédemment. Cela représente un net ralentissement par rapport à 2024, où la France avait affiché une croissance de 1,2%.
En 2026, la Commission européenne a en revanche nettement revu à la baisse sa prévision de croissance, sous l'effet des incertitudes politiques et des restrictions budgétaires qui devraient peser sur l'investissement et la consommation. Elle est désormais attendue l'an prochain à 0,9%, contre 1,3% auparavant, selon ses prévisions économiques d'automne.
Concernant les finances publiques, Bruxelles table sur un reflux du déficit à 5,5% en 2025, après 5,8% l'an dernier, un niveau quasiment identique à la prévision du gouvernement Lecornu (5,4%). Pour 2026, la Commission prévoit un déficit en nette baisse à 4,9%, en se basant sur les mesures envisagées dans le projet de budget présenté en octobre.
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L'exécutif européen prévient toutefois que tout dépendra de l'issue des débats au Parlement, qui « reste incertaine ». Pour la suite, la Commission prévient qu'à « politique inchangée », le déficit français remonterait à 5,3% en 2027 et la dette grimperait à 120% du Produit intérieur brut (PIB), contre 113,2% l'an dernier.
(Avec agences)