Pourquoi la Banque centrale européenne devrait maintenir ses taux face à l'inflation
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Le risque de stagnation est aujourd'hui plus pressant que l'emballement inflationniste.
Reuters
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Le risque de stagnation est aujourd'hui plus pressant que l'emballement inflationniste.
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À l’approche de la réunion de politique monétaire de la BCE du jeudi 30 octobre 2025, le message est unanime pour les marchés : attendez-vous à un maintien des taux directeurs. Ce sera la troisième fois consécutive que la Banque centrale européenne choisit l’inaction après une série de huit baisses. La présidente Christine Lagarde a prévenu : « Nous sommes dans une bonne position et bien préparés pour faire face aux chocs futurs. » Ce moment de « suivi plutôt que d’action, » comme le résume Michel Martinez, chef économiste Europe à la Société Générale, est le résultat d’un équilibre complexe entre une inflation relativement maitrisée et une activité économique qui s’essouffle.
L’inflation est redevenue gérable, mais elle n’est pas contenue. En septembre 2025, le taux annuel pour la zone euro a légèrement grimpé à 2,2 %, contre 2 % le mois précédent. Cette hausse ne traduit pas une nouvelle envolée des prix. Elle est le fruit d’un effet de base sur le coût de l’énergie. Pendant des mois, la zone euro a bénéficié d’une forte décélération des prix de l’énergie, comparés aux sommets de 2022, où l’inflation atteignait 10,6 %. Or, en septembre, la baisse annuelle des prix de l’énergie a été moins marquée : – 0,4 % sur un an, là où elle atteignait – 2 % entre août 2024 et août 2025. Cette « moins forte baisse » donne mathématiquement l’impression que l’inflation totale repart. Ce n’est qu’une illusion statistique.
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Pour preuve, l’indicateur le plus scruté par Francfort, l’inflation hors énergie – qui exclut les prix les plus volatils – est resté parfaitement stable à 2,5 % en septembre, le même niveau qu’en août. De même, l’inflation sous-jacente, elle aussi un indicateur clé de tendance, n’a que très légèrement bougé à 2,4 % après 2,3 % en août. L’objectif de la BCE, qui est d’ancrer l’inflation autour de 2 %, apparaît donc comme atteint et stabilisé. Seule l’hétérogénéité dans la zone euro reste notable, avec des taux allant de 1,07 % en France à 2,39 % en Allemagne, jusqu’à 5,23 % en Estonie.
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