Catastrophes naturelles : la facture mondiale recule en 2025, mais reste au-dessus des 200 milliards de dollars
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L'ouragan Melissa, qui a dévasté en octobre 2025 la Jamaïque et affecté Haïti et Cuba.
via REUTERS - CSU/CIRA & NOAA
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L'ouragan Melissa, qui a dévasté en octobre 2025 la Jamaïque et affecté Haïti et Cuba.
via REUTERS - CSU/CIRA & NOAA
Après un pic en 2024, le coût économique des catastrophes naturelles a nettement diminué en 2025, selon les premières estimations de Swiss Re. Le réassureur suisse chiffre les pertes économiques mondiales cette année à 220 milliards de dollars, soit une baisse de près d’un tiers par rapport à l’année précédente, tandis que les pertes assurées reculent de 24,1% à 107 milliards de dollars.
Ce reflux intervient après une année 2024 particulièrement coûteuse. L'an dernier, toujours selon Swiss Re, la facture totale était de 310 milliards de dollars à l’échelle mondiale, en hausse de 6% sur un an. Le contraste est donc marqué, même si 2025 a débuté par des événements majeurs, à commencer par les incendies de Los Angeles.
Malgré l’accalmie relative, Swiss Re souligne que 2025 constitue la « sixième année » consécutive durant laquelle les dégâts couverts par les assureurs ont dépassé le seuil « des 100 milliards de dollars ». Un niveau qui illustre, selon le groupe, la persistance d’un risque élevé pour le secteur de l’assurance et de la réassurance.
La principale explication de la baisse observée en 2025 tient à la saison des ouragans dans l’Atlantique Nord. Celle-ci a compté 13 tempêtes nommées, dont trois ouragans de catégorie 5 — Erin, Humberto et Melissa — mais, « pour la première fois en 10 ans », aucun n’a touché terre aux États-Unis.
Le plus coûteux a été l’ouragan Melissa, qui a dévasté la Jamaïque et affecté Haïti et Cuba. Les pertes assurées liées à cet épisode pourraient atteindre jusqu’à 2,5 milliards de dollars. Avec des rafales culminant à 298 km/h, cet ouragan de catégorie 5 a provoqué d’importantes inondations et des glissements de terrain, figurant parmi les systèmes les plus puissants jamais enregistrés à l’atterrissage.
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À titre de comparaison, la saison des ouragans de 2024 avait coûté à elle seule 52 milliards de dollars aux assureurs. L’ouragan Helene, qui avait frappé les États-Unis, avait généré 24 milliards de dollars de pertes assurées, tandis que Milton avait ajouté une facture de 22 milliards.
L’année 2025 reste toutefois marquée par un événement exceptionnel : les incendies de Los Angeles. Swiss Re estime les pertes assurées à 40 milliards de dollars, ce qui en fait « de loin le plus gros incendie assuré jamais enregistré ». Selon Balz Grollimund, responsable de la couverture des catastrophes chez Swiss Re, cette facture s’explique par la propagation des feux dans une zone urbaine dense, caractérisée par la plus forte « concentration aux Etats-Unis de propriétés individuelles de grande valeur ».
Au-delà des États-Unis, l’année a également été endeuillée par de graves inondations en Asie du Sud-Est, notamment en Indonésie — où le bilan humain dépasse le millier de morts — ainsi qu’au Vietnam et en Thaïlande. Le réassureur n’a pas encore communiqué d’estimation chiffrée des dégâts pour ces événements.
Swiss Re rappelle enfin que la diminution constatée en 2025 ne remet pas en cause la dynamique de long terme. Les coûts des phénomènes météorologiques extrêmes restent sur « une trajectoire ascendante ». Les orages violents — accompagnés de grêle, tornades, rafales de vent et inondations — ont ainsi engendré 50 milliards de dollars de pertes assurées en 2025, faisant de cette année la troisième plus coûteuse pour ce type d’événements, derrière 2023 et 2024.
Entre les incendies de Los Angeles et les orages et tornades du printemps, les États-Unis concentrent à eux seuls 83 % des pertes assurées mondiales, soit 89 milliards de dollars. Un poids qui confirme le rôle central du marché américain dans l’équation économique mondiale des catastrophes naturelles, et les enjeux croissants pour les assureurs face à la multiplication des événements extrêmes.
(avec AFP)
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