La fin de l'abondance monétaire s'accompagne d'un reflux brutal des investisseurs de détail sur les obligations vertes. Leur retrait massif depuis 2022 efface le « greenium », cette prime de prix qui permettait aux émetteurs de se financer à moindre coût.Les informations à retenir
Pourquoi le greenium a-t-il disparu des marchés secondaires européens ?
La part des particuliers dans la détention d'obligations vertes est passée de 5 % à 35 % entre 2020 et 2021, dopant les prix.
La hausse des taux fin 2022 a réduit la capacité financière des ménages, entraînant une chute de la demande.
L'indifférence des particuliers à l'impact environnemental réel favorise l'écoblanchiment sans cadres stricts comme l'EU Green Bond Standard.
L’enthousiasme est là, mais l’incertitude économique pourrait bien le doucher. Selon une étude d’Allegra Pietsch et Dilyara Salakhova, publiée par la Banque de France ce mercredi, le marché mondial des obligations vertes a atteint 2 900 milliards de dollars (2 735 milliards d’euros) en 2025. Mais cette dynamique repose sur un équilibre fragile entre offre et demande.
Pour mémoire, à partir de 2020, les investisseurs particuliers ont investi massivement dans ce segment naissant de la finance. Ce mouvement a généré un bond du « greenium », soit une « prime verte » qui permet aux banques et aux entreprises d’emprunter à des taux inférieurs à ceux des obligations classiques. Elle offre en contrepartie des rendements moins élevés aux investisseurs.
Appétit grandissant
L’appétit des ménages a coïncidé avec la crise sanitaire du Covid. Les banques ont alors multiplié les émissions de petite taille pour capter cette épargne.
En quelques mois, la part des particuliers dans la détention de ces titres a été multipliée par sept. L’étude souligne que cette catégorie d’investisseurs accepte des rendements plus faibles par préférence pour le label vert. Elle privilégie l’affichage à la performance financière pure.
« Si, traditionnellement, ce sont les investisseurs institutionnels qui influent sur le marché des obligations vertes, les efforts visant à accroître la participation directe des investisseurs particuliers s’intensifient », notent à ce sujet les auteurs de
l’étude.