Une note de la Banque de France démontre que les investissements alignés sur l’accord de Paris offrent des performances financières comparables aux indices traditionnels. Un constat qui bouscule certaines certitudes sur la finance climat, jugées moins performantes.À quelques jours des dix ans de l’accord de Paris, voici un enseignement financier qui risque de bousculer certaines certitudes quant aux actifs financiers « verts ». Selon une note que vient de publier de la Banque de France, les indices boursiers (ou ETF) alignés sur l’accord de Paris (« Paris-aligned benchmarks » ou PAB dans le jargon) « ont des rendements et une volatilité comparables à ceux des indices classiques ».
Et ce, pour les actions et certaines obligations d’État. Ainsi, soulignent les deux auteurs de la note, Jonathan Thebault et Meltem Chadwick, « du point de vue de l’investisseur, les investissements alignés sur l’accord de Paris n’accroissent pas nécessairement la volatilité, malgré une diversification réduite ».
Ces ETF boursiers n’étaient jusqu’à présent que peu étudiés par la littérature financière. Il s’agit d’indices permettant d’investir sur des actifs alignés sur les objectifs de l’accord de Paris, qui vise à limiter la hausse de la température au-delà de 1,5 °C. Ces indices excluent par conséquent les secteurs fortement émetteurs (énergies fossiles notamment), avec donc une diversification plus étroite des valeurs incluses dans le portefeuille.
Ces indices PAB sont en fait des « sous-indices » d’indices plus larges, dits « parents ». Ce qui signifie qu’ils sont globalement construits à partir des mêmes univers d’actifs que les indices classiques (par exemple, des actions européennes du CAC 40, de l’EuroStoxx50, etc.), mais en appliquant des filtres climatiques (exclusion des entreprises à forte intensité carbone, surpondération des entreprises à faible empreinte carbone, etc.).