Binance accusé d'avoir laissé le régime iranien faire transiter des cryptomonnaies illégalement
latribune.fr
Les rapports de conformité de Binance indiquent que les acteurs iraniens ont utilisé des techniques sophistiquées pour transférer des fonds et ainsi échapper à la détection.
D'après le Wall Street Journal, la plateforme d'échanges aurait été utilisée pour réaliser plusieurs centaines de millions de dollars de transactions. Une accusation démentie par Binance.
Voilà des révélations qui pourraient bien causer d'importants problèmes à Binance, la plus grande plateforme d'échanges de cryptomonnaies au monde. Selon le Wall Street Journal qui se base sur des rapports de conformité de la plateforme, un responsable du régime iranien, Babak Zanjani, aurait fait transiter 850 millions de dollars sur Binance en deux ans. Et ce, jusqu'en décembre dernier.
Ces fonds correspondraient en grande partie à des paiements d'acheteurs chinois de pétrole iranien, selon le média. Un moyen de contourner les sanctions internationales qui interdisent les achats d'or noir au régime. Et, d'après des sources de police interrogées par le WSJ, les responsables iraniens ont fait transiter 425 millions de dollars via Binance pour financer l'armée iranienne. Autrement dit, Binance aurait laissé l'iran contourner des sanctions américaines en utilisant sa plateforme... ce qui est totalement interdit.
Des accusations graves, contestées par Binance
Les rapports de conformité de Binance indiquent que les acteurs iraniens ont utilisé des techniques sophistiquées pour transférer des fonds et ainsi échapper à la détection. Sauf que, toujours d'après le Wall Street Journal, Binance a licencié plusieurs enquêteurs internes qui avaient soulevé des inquiétudes concernant des comptes associés à un partenaire commercial de Binance. Une décision contesté par la plateforme qui affirme que ces enquêteurs quitté l'entreprise « en raison de circonstances individuelles ».
Dans le même temps, un porte-parole de Binance a répondu au journal américain que ses informations étaient inexactes et que Binance n'avait autorisé aucune transaction avec des personnes ou des portefeuilles numériques sanctionnés ces dernières années. « Binance applique une politique de tolérance zéro en matière d'activités illicites sur sa plateforme et, depuis 2024, a mis en place un programme de conformité de pointe », a déclaré le porte-parole. Suite à cette réponse, la plateforme a annoncé porter plainte contre le journal.
Reste que, toujours selon le média, le département de la Justice enquête actuellement sur l'utilisation par l'Iran de Binance pour contourner les sanctions américaines après la reconnaissance de culpabilité de la plateforme en 2023.
Newsletter
Finances
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.
Binance cumule les déboires judiciaires
Il ne s'agit pas de la première fois que Binance est accusée d'enfreindre la loi américaine. Le fondateur de Binance, Changpeng Zhao, a été gracié par le président Trump en octobre. Il avait plaidé coupable en 2023 et purgé une peine de quatre mois de prison pour infraction à la législation anti-blanchiment d'argent.
Sauf que depuis, Binance a été un soutien crucial de World Liberty Financial, l'entreprise de cryptomonnaies de la famille Trump. D'ailleurs, cette entreprise a rapporté aux Trump au moins 1,2 milliard de dollars depuis 2024.
Enfin, en France, début 2025, la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) avait annoncé l'ouverture d'une information judiciaire contre la plateforme de cryptoactifs Binance pour des faits présumés de blanchiment aggravé.
« Les investigations portent notamment sur la manière dont Binance répondait ou non à ses obligations en matière de connaissance du client (dite KYC, Know Your Customer), rendant ainsi le groupe susceptible d’avoir apporté son concours au blanchiment habituel de sommes provenant de diverses infractions, notamment de trafic de produits stupéfiants et de fraudes fiscales », avait indiqué à l'époque la Junalco.