Le 23 octobre 2025, le monde de la finance décentralisée a vu un signal politique d’une rare intensité. Le président américain, Donald Trump, a exercé son autorité constitutionnelle pour accorder un pardon à Changpeng Zhao, plus connu sous le surnom de « CZ ». L’acte annule de fait la condamnation de l’entrepreneur, qui avait pourtant plaidé coupable de ne pas avoir maintenu des contrôles antiblanchiment (AML) efficaces au sein de l’ancienne direction de Binance.
La Maison-Blanche a clairement exposé les motifs de cette grâce. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a déclaré que cette action présidentielle venait contrecarrer ce qu’elle qualifie de « campagne contre la cryptomonnaie » menée par la précédente administration Biden. Elle insiste sur le fait qu’il n’y a eu « aucune allégation de fraude ni de victimes identifiables » dans l’affaire Zhao, dépolitisant a posteriori le cœur du dossier judiciaire.
Ce pardon intervient moins d’un an après l’incarcération de Zhao. En 2024, le fondateur de Binance avait purgé une peine fédérale de quatre mois de prison. Cette peine faisait suite au règlement massif des poursuites engagées par le gouvernement américain. Binance avait alors accepté de payer une amende colossale de plus de $4,3 milliards pour solder les allégations de facilitation du blanchiment d’argent et de violations des sanctions économiques. L’accord avait été perçu comme l’apogée de la répression américaine contre les acteurs crypto jugés trop laxistes.
La clémence présidentielle accordée à « CZ » s’inscrit sans ambiguïté dans la nouvelle doctrine de Donald Trump. Depuis son retour à la présidence, il affiche publiquement son ambition de faire des États-Unis la « capitale mondiale de la crypto ». Ce pardon est une matérialisation directe de cette politique favorable aux actifs numériques, visant à promouvoir un environnement plus accueillant pour le secteur.