« Le prix pourrait chuter de 20 % » : faut-il craindre un krach des métaux précieux ?

Banques centrales : plus de 1 000 tonnes d’or achetées chaque année sur les trois dernières années, un rythme inédit par rapport à la décennie précédente.
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Banques centrales : plus de 1 000 tonnes d’or achetées chaque année sur les trois dernières années, un rythme inédit par rapport à la décennie précédente.
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Les chiffres donnent le tournis. Le cours de l’or a grimpé de 14 % depuis le 1er janvier et de 82 % sur un an. Ce rallye haussier permet à l'or de dépasser le seuil des 5 000 dollars (4 258 euros), quand il n’en valait que 2 000 dollars en 2023. Cette hausse est-elle saine ? Certains analystes commencent à en douter.
La flambée de la « relique barbare » provient principalement de l’appétit sans précédent des banques centrales. Pour réduire leur exposition au dollar et au risque de sanctions américaines, elles ont acheté plus de 1 000 tonnes d’or chaque année depuis 2022, soit 0,46 % du stock mondial. Toutefois, ce moteur ne semble pas suffire à expliquer le doublement du cours en moins de deux ans. « La hausse de l’or n’est pas justifiée par les seuls achats des banques centrales. Il y a une spéculation très forte », estime Thomas Brenier, gérant chez Lazard Frères Gestion. Une spéculation poussée par un homme : Donald Trump.
En multipliant les menaces de droits de douane ou d’annexion, le président américain a poussé de nombreux financiers à protéger leur capital en s’exposant à l’or. « Ce mouvement est amplifié par l’augmentation de la dette américaine, laquelle devrait être soutenue par une impression monétaire importante, ce qui dépréciera le dollar face à l’or », ajoute Andrea Tueni, analyste chez Saxo Bank. Si l’or devait bénéficier encore pendant plusieurs années de la mauvaise santé des finances publiques mondiales, « à court terme, il y a un risque de correction car les cours ont grimpé très vite », confie un autre gérant.
Les analystes interrogés par La Tribune estiment que la géopolitique pourrait fortement peser sur les prix.
Un retour vers les 4 000 dollars dans les prochains mois est jugé « crédible » par plusieurs autres experts. Entre août 2020 et début 2021, le redémarrage de l’économie post-Covid-19 avait redonné le sourire aux investisseurs… et fait perdre 20 % de sa valeur à l’once d’or.
Pour l’argent, la crainte est bien plus vive. « Son cours a quadruplé en deux ans. C’est une dynamique insoutenable à long terme qui évoque une bulle », met en garde François Pascal, directeur de la gestion diversifiée chez Mandarine Gestion. Alors qu’il valait 50 dollars l’once en novembre 2025, son cours s’affiche aujourd’hui à 96 dollars.
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Le « petit frère » de l’or ne dispose pas des mêmes leviers. Les banques centrales sont quasiment absentes des achats. « Et surtout, c’est un métal industriel qui dépend de l’activité des entreprises », rappelle Andrea Tueni. Si la croissance de certains pays cale, la demande d’argent pourrait donc brutalement baisser… ainsi que son prix.
Les analystes estiment qu’une chute pourrait survenir rapidement. « La hausse de l’argent est en grande partie due à la clôture d’importantes positions vendeuses des banques américaines » qui ont beaucoup spéculé contre la hausse de son cours, note François Pascal. Une tendance qui pourrait se retourner « d’ici à quelques mois, voire quelques semaines » quand les financiers auront fini de racheter leurs titres. « Le cours de l’argent pourrait chuter de manière très violente », s’inquiète le gérant de Mandarine Gestion. Certains spécialistes voient ainsi le prix du métal argenté revenir vers les 50 dollars dans un futur proche.
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