Les performances en demi-teintes d'Oracle dans l'IA ravivent les craintes d'une bulle

Une bannière Oracle est accrochée à l’extérieur de la Bourse de New York (NYSE) à New York, aux États-Unis, le 18 janvier 2017.
BM/ems - REUTERS - Brendan McDermid

Une bannière Oracle est accrochée à l’extérieur de la Bourse de New York (NYSE) à New York, aux États-Unis, le 18 janvier 2017.
BM/ems - REUTERS - Brendan McDermid
Le compte n'y est pas encore pour Oracle. D'après un rapport interne dévoilé mardi par le média The Information, le géant américain a engrangé environ 900 millions de dollars de chiffre d’affaires grâce à la location de serveurs, au cours du trimestre clos en août, mais n’a dégagé qu’environ 125 millions de dollars de bénéfice brut. Surtout, Oracle aurait même subi des pertes « considérables » sur ses activités de loueur de petites quantités de puces Nvidia, qui ont surpris les analystes. « Cette faiblesse s’explique par des coûts massifs liés à l’achat de semi-conducteurs et à l’expansion de ses centres de données, qui ont fait chuter la marge brute globale à 67,3 %, son plus bas niveau depuis plus d’un an », explique dans une note John Plassard, directeur des investissements chez la banque Cité Gestion.
Il n'en fallait pas plus pour créer une petite panique en Bourse. La valeur de l'action Oracle a chuté jusqu’à 7,1 % dans la séance de mardi, entraînant la plupart des valeurs de la tech dans le rouge. Un signe de plus de l'extrême volatilité des marchés quand il s'agit d'intelligence artificielle, dans un contexte de craintes d'une bulle de l'IA.
Depuis quelques semaines déjà, nombre d’analystes financiers et de gérants de fonds font part de leur inquiétude. « Les doutes quant à la pérennité du marché de l’intelligence artificielle sont palpables à Wall Street », confiait fin septembre un gérant à La Tribune.
Car les investissements dans le secteur donnent le tournis. Mardi, OpenAI a franchi la barre des plus de 1 000 milliards de dollars d’accords signés pour alimenter la révolution de l’intelligence artificielle. Des promesses d’investissements colossaux qui ont porté les actions liées à cette nouvelle technologie à des plus hauts historiques. Alors que Nvidia est devenue la première entreprise de l’Histoire à valoir plus de 4 000 milliards de dollars en Bourse, le cours d’oracle a grimpé de 43 % sur la seule séance du 10 septembre. Ce, seulement grâce à l’annonce d’un partenariat avec OpenAI. Une flambée boursière qui a amené son PDG, Larry Elisson, à devenir l’homme le plus riche du monde pendant quelques jours. Et vendredi, ce fut au tour d’AMD de voir son action s’envoler de 23 % sur une seule journée… encore une fois, grâce à l’annonce d’un partenariat avec OpenAI.
Dans un contexte où la moindre annonce fait rentrer des centaines de milliards de dollars dans les caisses des entreprises technologiques, « la question qui préoccupe tout le monde est : quel est le secteur d’activité et la rentabilité de l’IA ? », s’interroge Michael Antonelli, stratège de marché chez Baird.
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Face à cette inquiétude croissante d’une éventuelle surestimation des revenus futurs de l’IA, l’entreprise derrière ChatGPT tente de rassurer. « L’IA est la plus grande force d’autonomisation que nous connaîtrons jamais », a rappelé la numéro 2 d’OpenAI, Fidji Simo, dans un entretien accordé à l’AFP lundi.
Interrogée sur les montants faramineux investis dans ce secteur, la Française a répondu qu’elle « ne considère vraiment pas cela comme une bulle [mais] comme la nouvelle réalité d’aujourd’hui et je pense que le monde va vraiment prendre conscience que la puissance de calcul est la ressource la plus stratégique. » Autrement dit : « OpenAI brûle du cash à un rythme effréné, mais ces dépenses sont perçues comme un investissement fondateur, non comme une folie spéculative », résume John Plassard de Cité Gestion. Reste à voir si toutes les entreprises du secteur bénéficieront d’un retour sur investissement à la hauteur des attentes.