Le dérèglement climatique fait flamber le prix des assurances en France

Un habitant marche sur un chemin de fortune, dans une zone inondée, à Redon, près de Rennes, le 30 janvier 2025.
REUTERS - Stephane Mahe

Un habitant marche sur un chemin de fortune, dans une zone inondée, à Redon, près de Rennes, le 30 janvier 2025.
REUTERS - Stephane Mahe
La multiplication et la plus grande intensité des catastrophes climatiques en France fait flamber le coût des assurances pour les particuliers impactés. C’est le constat sans appel d’une étude de l’UFC-Que Choisir, publiée ce mardi matin.
Un chiffre est particulièrement illustrant : sur les quatre dernières années, la sinistralité climatique (tempêtes, grêles, inondations, sécheresses, etc.) atteint en moyenne 6 milliards d’euros par an. « Soit niveau supérieur de près de 20 % aux prévisions initiales de la profession », précise l’association de consommateurs.
Pour les assureurs, en 2024 le coût de cette sinistralité est évalué à 5 milliards. Ce qui place cette année au 9 ᵉ rang des plus coûteuses, depuis la création du régime catastrophe naturelle (CatNat) en 1982. Autre chiffre intéressant : sur la seule assurance habitation, près de 4,6 millions de sinistres ont été indemnisés en 2024, pour un montant total de 8 milliards d’euros.
« Et cette hausse structurelle se répercute directement sur les cotisations payées par les ménages », pointe l’étude. Une conséquence logique du fait que le régime CatNat, qui couvre la quasi-totalité des logements assurés en France, repose sur la solidarité nationale.
Pour tenter de rééquilibrer les comptes, le régime CatNat a ainsi vu sa surprime passer de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025. Résultat : la prime moyenne d’assurance multirisque habitation (MRH) a augmenté de 279 euros à 299 euros HT en 2024, soit une hausse de 7,2 %. Et les projections pour 2025 sont encore plus sombres : entre +8 % et +11 % supplémentaires, selon UFC.
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Autrement dit, les assurés paient plus cher… sans pour autant voir leurs garanties s’améliorer. Pour ne rien arranger, les clauses d’exclusion de l’assurabilité (« défaut d’entretien », « dépendances non closes », etc.) se multiplient, malgré des dommages manifestes. Effet domino, les franchises deviennent plus onéreuses : jusqu’à 1 520 euros en cas de sécheresse liée au phénomène de retrait-gonflement des argiles… contre 380 euros auparavant.
L’étude pointe aussi un autre aspect de cette crise assurantielle : la progression d’une certaine inégalité territoriale. « À garanties et profil équivalents, le coût d’une assurance peut varier du simple au double, selon la commune concernée », a calculé UFC-Que Choisir. Et d’ajouter : « Dans les zones fortement exposées aux risques climatiques, certains ménages peinent à trouver un contrat abordable, voire une offre tout court ».
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Ce phénomène d’« inassurabilité » locale tord le principe clé de mutualisation, qui a soutient la solidarité nationale en matière d’assurance habitation. Il met en danger l’accès à une protection indispensable pour les populations les plus fragiles, notamment celles vivant dans des zones rurales ou périurbaines, plus exposées aux aléas naturels.