Empreinte carbone du tourisme : les transports font s’envoler les émissions

En 2023, l’empreinte carbone de la consommation touristique intérieure française est estimée à 75 millions de tonnes équivalent CO2.
© Agathe Perrier, La Tribune

En 2023, l’empreinte carbone de la consommation touristique intérieure française est estimée à 75 millions de tonnes équivalent CO2.
© Agathe Perrier, La Tribune
75 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO₂e) : telle est l’empreinte carbone de la consommation touristique française en 2023, selon les dernières données de l’Insee. Cela « correspond à la quantité de gaz à effet de serre émis pour produire les biens et services consommés en France par les touristes résidents et non résidents », précisent les auteurs.
Est-ce beaucoup ou non au regard de l’empreinte carbone totale de la France ? Pour rappel, elle s’est élevée à 644 Mt CO₂e la même année (avant de baisser à 563 Mt CO₂e en 2024). Mais l’Insee prévient : les deux données ne peuvent être directement comparées car portant sur des paramètres différents.
L’institut national de la statistique ne nous laisse toutefois pas sur notre faim et compare les deux mesures avec le montant de dépenses auquel elles se rapportent, autrement dit l’intensité en carbone. Et les résultats sont pour le moins parlants : l’intensité en carbone de la consommation touristique atteint 0,35 kg CO₂e par euro dépensé, contre 0,20 kg pour l’ensemble de la demande finale française.
Cette forte empreinte carbone de la consommation touristique s’explique assez simplement : parmi les dépenses touristiques, certaines activités sont fortement émettrices de carbone. C’est particulièrement le cas du secteur du transport, qui représente à lui seul 48,8 Mt CO₂e. Soit quasiment les deux tiers (64,9 %) des émissions dues à la consommation touristique intérieure.
Les autres secteurs émettent une part bien moindre des gaz à effet de serre de la consommation touristique. 11,7 Mt CO₂e pour l’hébergement (16 % du total), 7,9 Mt CO₂e pour l’alimentation (11 %) et 6,5 Mt CO₂e pour les services culturels, sportifs et de loisirs et les biens divers (9 %).
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Le transport aérien pèse lourd : 18,8 Mt CO₂e (25 % des émissions liées à la consommation touristique). Ce, « alors qu’il ne compte que pour 9 % des consommations touristiques », relève l’Insee.
Si bien que l’intensité en carbone du transport aérien est trois fois plus élevée que celle de l’ensemble des dépenses touristiques (1 kg CO₂e par euro dépensé).
Les carburants routiers ne sont toutefois pas en reste. Ils sont à l’origine de 22,6 Mt CO₂e (30 % du total). Le train est le transport le moins émetteur avec 0,7 Mt CO₂e, soit à peine 1 % du total des émissions liées à la consommation touristique.

Si l’empreinte carbone du tourisme a augmenté en 2023 (+3 % par rapport à 2022), elle demeure inférieure de 17 % à son niveau de 2019, relève l’Insee. En raison, sans surprise, de la crise sanitaire liée au Covid-19 qui a perturbé l’économie mondiale, et les déplacements, pendant plus de deux ans.
Sur cette période, la baisse de l’empreinte carbone associée aux transports aériens représente à elle seule 43 % de la diminution totale de l’empreinte carbone des consommations touristiques, soit 6,6 Mt CO₂e sur une baisse globale de 15,3 Mt CO₂e.
La guerre au Moyen-Orient pourrait faire baisser le trafic aérien cet été. Cela entraînerait un recul des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Les annulations de vols d’avions se multiplient ces dernières semaines, face à l’envolée des prix du kérosène. Ces suppressions ne devraient toutefois être que marginales.
D’après une étude d’Alliance France Tourisme et de l’Ifop dévoilée mardi, les Français voyageront moins cet été. L’aérien serait particulièrement touché. 71 % comptent en effet séjourner dans l’Hexagone plutôt qu’en Europe ou à l’international, en hausse de +3 points sur un an.