Incendies : un enjeu crucial d’aménagement du territoire
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Le violent incendie qui a ravagé le centre des Pyrénées-Orientales début juillet 2026 laisse un paysage désolé.
Yann Kerveno
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Le violent incendie qui a ravagé le centre des Pyrénées-Orientales début juillet 2026 laisse un paysage désolé.
Yann Kerveno
Si le village de Montalba-le-Château a été sauvé des flammes au cours du grand incendie qui a ravagé le centre des Pyrénées-Orientales en ce début juillet, c’est parce qu’un jeune agriculteur, Clément Aris, travaille ses parcelles de vignes au nord du bourg.
« Ce sont ces vignes qui ont permis aux pompiers de dévier le feu du village vers l’ouest. Si elles n’avaient pas été là, cela aurait été beaucoup plus compliqué de sauver le village », confie Éric Belgioïno, patron du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) des Pyrénées-Orientales.
Il y a longtemps, d’ailleurs, que le monde agricole tente de faire reconnaître le rôle éminent que peuvent jouer les parcelles de vignes ou de vergers dans la lutte contre les incendies. Pour Stéphane Clerc, directeur-adjoint du SDIS, « c’est même là, aujourd’hui, que se gagne la guerre, car c’est bien une guerre, contre les flammes ».
Les sapeurs-pompiers plaident donc pour la création ou le maintien de « ceintures de protection » autour des noyaux urbains afin de permettre aux hommes et aux engins une lutte plus facile.
Le hic, c’est qu’avec la déprise agricole, plus de 5 000 hectares de vignes arrachés dans les Pyrénées-Orientales en deux ans à cause de la crise viticole, et avec la spéculation foncière en dépit des règles du Schéma de cohérence territoriale (SCOT), ces ceintures se font ténues, quand elles ne disparaissent pas tout simplement.
Président du SCOT Plaine du Roussillon (77 communes, 4 intercommunalités), Jean-Marc Bassaget connaît bien ces problématiques. Alors sous-préfet de Céret, il a suivi les incendies déjà dévastateurs de Cerbère et de Saint-André en 2023 : « Il devient impératif que nous travaillions sur la mise en place de ces "ceintures de sécurité" autour des villages, ceintures qui doivent permettre de ralentir les flammes ou carrément être exemptes de combustibles... Pourquoi ne pas imaginer, en effet, que les communes modifient leurs PLU ou PLUi (plan local de l’urbanisme, plan local de l’urbanisme intercommunal, NDLR) et rémunèrent des agriculteurs pour faire paître des troupeaux ou entretenir la vigne qui protégera les villages ? Cela aura un coût, certes, mais ce ne sera rien en comparaison de la facture des catastrophes comme celle que nous venons de vivre ».
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