LE GRAND RETOURNEMENT DU CONSEIL RSE (1/3). Hier, Eldorado des diplômés de grandes écoles, le marché de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) s'est brutalement retourné. Pour les cabinets de conseil, l'heure est aux coupes budgétaires, aux gels des embauches et aux départs contraints.À trois mois du salon Produrable, la grand-messe des consultants en transition écologique, la cartographie des lieux trahit la crise en cours. Sur les plans provisoires de l’événement, que La Tribune s’est procurés, plusieurs grands habitués ont délaissé leur stand.
Il y a trois ans à peine, l’écosystème de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) agissait pourtant comme un aimant, attirant des diplômés des grandes écoles certains d’y trouver un débouché d’avenir. Aujourd’hui, le secteur aligne les baisses d’activité, les gels de recrutement, voire les licenciements économiques.
« En dix-sept ans de métier, je n’ai jamais connu une situation aussi difficile que depuis dix-huit mois », juge Timothée Quellard, cofondateur d’Ekodev. Son agence de conseil en RSE, passée de trois personnes en 2009 à plus de quatre-vingts collaborateurs au pic de son activité, a dû réduire la voilure de près de 40 % depuis 2025. Une petite cinquantaine de salariés occupent encore les bureaux, après la mise en place d’une rupture conventionnelle collective. « Il y a toujours eu de la croissance. Mais plus maintenant », soupire l’entrepreneur.
« Coup de frein généralisé »
Partout, le couperet tombe. Chez Haatch, un autre pure-player du secteur, les dirigeants anticipaient encore récemment un doublement de l’activité. Mais en quelques mois, le chiffre d’affaires a chuté de 20 %. « Nous n’avions plus d’afflux de commandes pendant plusieurs mois. Les effectifs ont été réduits d’environ 15 % », explique-t-on en interne, pointant un « coup de frein généralisé ».
En dix-sept ans de métier, je n’ai jamais connu une situation aussi difficile