"Depuis deux ans, entre les reculs réglementaires sur le climat, le retour de Donald Trump aux États-Unis, l'inflation, la guerre en Ukraine et la montée des extrêmes en France comme en Europe, nous vivons une vraie crise ", souligne Timothée Quellard,...
LE GRAND RETOURNEMENT DU CONSEIL RSE (2/3). Alors que les voyants étaient au vert, le marché du conseil en transition écologique a brutalement calé. La pause réglementaire européenne, la contraction des budgets des clients et l'essor de l'intelligence artificielle expliquent ce coup de frein généralisé.
« Du jour au lendemain, ou presque, la poule aux œufs d’or s’est transformée en piège ». Dans beaucoup d’entreprises de conseil, le discours se ressemble : après la crise du Covid, un alignement des planètes a fait exploser les demandes d’accompagnement en responsabilité sociale et environnementale (RSE). Avant que le soufflé ne retombe aussi sec. L’étude sectorielle du Syntec, publiée jeudi 11 juin, résume le phénomène :
« Les missions explicitement liées à ce sujet ralentissent nettement dans un contexte de tensions budgétaires et de recentrage des entreprises sur des enjeux jugés plus immédiats. »
« Depuis deux ans, entre les reculs réglementaires sur le climat, le retour de Donald Trump aux États-Unis, l’inflation, la guerre en Ukraine et la montée des extrêmes en France comme en Europe, nous vivons une vraie crise », souligne Timothée Quellard, cofondateur du cabinet de conseil en RSE Ekodev.
« Bulle CSRD »
À commencer par les normes européennes sur le climat, véritable locomotive du secteur entre 2023 et fin 2024. « À cette période, l’écosystème n’avait qu’un mot à la bouche », se souvient Alexis Krycève, fondateur du cabinet spécialisé Haatch : la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).
À partir du 1ᵉʳ janvier 2024, cette nouvelle réglementation exige des plus grandes entreprises européennes un inventaire complexe de leurs impacts environnementaux. À l’époque, près de 50 000 structures (de plus de 50 millions d'euros de chiffre d’affaires et minimum 250 salariés) doivent s’y plier, sous peine de sanctions.
Dès lors, la demande explose auprès des cabinets de conseil. « Il n’y avait plus besoin de démarcher les entreprises, elles venaient à nous pour se mettre en conformité », se remémore Elisabeth Laville, dirigeante d’Utopies.
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