Longtemps accusés de « greenwashing », les crédits carbone achetés par les entreprises pour lutter contre la déforestation affichent des résultats plus positifs qu’attendu. Voici pourquoi.
Ils sont un peu la « bête noire » de certaines ONG, qui les jugent inefficaces. Leur nom : les « REDD+ », soit les programmes de crédit carbone financés par les entreprises pour baisser leurs émissions, via la lutte contre la déforestation.
Mais selon une étude publiée en avril par la revue scientifique Nature, dont le Wall Street Journal s’est fait l’écho, le bilan est plus nuancé. En réalité, ces programmes ne sont ni systématiquement du « greenwashing », ni une réussite totale.
Un mécanisme qui fonctionne pour les forêts
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé 44 projets REDD+, de première génération (datant de la COP à Bali en 2007), représentant 45 % des projets ayant généré des crédits carbone en 2020.
« La majorité des projets (36 sur 44) ont réduit la déforestation », affirme l’étude de Nature. Douze ont même montré des réductions « significatives » de la déforestation.
Interrogé par le Wall Street Journal, Tom Swinfield, l’un des auteurs de l’étude, commente ce résultat : « L’aspect vraiment positif des crédits carbone, c’est que malgré la complexité de cet instrument économique, ils permettent au moins de financer directement les efforts de réduction de la déforestation sur le terrain. »
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Et d’ajouter : « Ils contournent toute la complexité politique et vont droit au cœur du problème. » Même si, rappelle-t-il dans son étude, les marchés du carbone ne sont pas le seul moyen de financer la conservation des forêts tropicales.
Par ailleurs, l’article scientifique montre que les crédits carbone forestiers sont souvent « surévalués ». Concrètement, les projets reçoivent plus de crédits qu’ils ne devraient au regard de la déforestation réellement évitée. Le problème vient surtout des méthodes de référence et du choix des zones de comparaison, qui gonflent artificiellement le résultat.