Alors que l’économie occitane repose en grande partie sur l’agriculture et le tourisme, générant des besoins en eau croissants l’été, les ressources hydrologiques vont continuer de s’amenuiser avec le réchauffement climatique. Une équation complexe dont se sont saisis la Région et la préfecture.Les informations à retenir
La bataille de l’eau
En Occitanie, l’étude Aqua Littoral alerte sur un déficit cumulé de 40 millions de m³ d’eau et une baisse hydrologique pouvant atteindre -48 % d’ici 2070 : le « traumatisme climatique » de 2022-2023 est appelé à devenir la norme.
Face à l’effet ciseau entre ressources en baisse et besoins estivaux en hausse (tourisme, agriculture), la Région Occitanie envisage d’étendre le réseau Aqua Domitia pour acheminer l’eau du Rhône vers les Pyrénées-Orientales.
Le préfet de la région valide cette extension, conditionnée à la sobriété des usages et à une gouvernance partagée. En l’absence de simplification administrative, le chantier pourrait dépasser les dix ans.
S’il a plu des cordes pendant plusieurs semaines en ce début 2026 dans le sud de la France, les habitants des Pyrénées-Orientales en particulier se souviennent encore douloureusement de la sécheresse qui a sévi en 2022 et 2023, des restrictions qui ont pesé sur les usages de l’eau, et des bouteilles d’eau qu’il a même fallu acheminer jusqu’à certaines communes à sec.
Le 13 février à Narbonne, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga le martèle : « La région est la première touchée par les conséquences du réchauffement climatique, avec des alternances d’épisodes pluvieux violents et de sécheresse, et ça ne va pas s’arrêter ».
L’élue socialiste et le préfet de la région, Pierre-André Durand, présentent alors aux acteurs de l’eau les résultats de la phase 1 de l’étude Aqua Littoral, lancée en mars 2025 (300 000 euros, avec le soutien de la Banque des Territoires, de l’Agence de l’eau Rhône- Méditerranée-Corse et des départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales) dans l’objectif de sécuriser l’accès à l’eau du littoral occitan.
« Il n’y a pas de solution miracle, nous avons besoin d’une vision à 360° avec plusieurs solutions, car il n’y aura pas de l’eau à gogo pour n’importe quels usages, prévient Carole Delga. Notre responsabilité est de préparer l’avenir, sans opposer les usages, ni les territoires. »