Pour les agriculteurs, un des points litigieux de la révision de la SAGE Vilaine, qui ambitionne de protéger la ressource sur le bassin du fleuve breton, porte sur l'interdiction des pesticides maïs sur les aires d'alimentation prioritaires.
Après le moratoire gouvernemental sur les politiques de l’eau et une demande des préfets de poursuivre les concertations, la situation reste tendue. D'un côté, la Commission locale de l’eau, qui préconise d’interdire les pesticides près des captages d’eau, de l'autre les agriculteurs. La décision est repoussée à septembre.
L’annonce, le 13 janvier dernier, par Sébastien Lecornu d'un moratoire sur toutes les décisions relatives aux questions de la politique de l’eau, provoque une réaction en chaîne. En Bretagne, où la qualité des eaux s’est dégradée en 2025 sous l’effet des nitrates et des pesticides liés aux activités agricoles et au dérèglement climatique, la FRSEA et les Jeunes Agriculteurs Bretagne et Pays de la Loire avaient immédiatement demandé la suspension des travaux de la Commission Locale de l'Eau (CLE).
Formée d'élus, d'agriculteurs, d'associations et de citoyens, celle-ci planche depuis plus de trois ans sur le projet de révision du Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine (1,3 million d’habitants), visant à limiter la pollution des cours d’eau dans un contexte de tension sur la ressource.
Concrètement, la réforme envisage d’interdire l'usage d'herbicides sur les parcelles les plus sensibles, autour des points de captage d'eau potable, dans un délai de trois ans.
Après le blocage du projet, mardi 9 mars, par les préfets de Bretagne et de Loire-Atlantique, qui appellent à prolonger la concertation, jugeant le travail insuffisamment mûr, la réunion de la CLE, ce vendredi 13 mars à Pont-Péan, n’a pas pu être conclusive, faute de quorum. Les représentants de l’État n’ayant pas participé aux échanges, la séance s’est transformée en un « format d’informations et d’échanges, sans vote sur le projet de SAGE », a précisé Mathilde Gaston, coordinatrice du SAGE Vilaine à La Tribune.
Elle s'est déroulée à huis clos dans un climat tendu, tandis qu'à l’extérieur les troupes de FRSEA s’étaient mobilisées. Surtout, en retirant à la CLE, dont un renouvellement est prévu après les élections municipales, sa prérogative de décision, l'État reporte le vote au mois de septembre, au mieux.
6 % des cours d’eau en bon état écologique ?
« Après trois années de travail, je regrette cette position de l’Etat et le blocage qu’elle provoque. Elle empêche l’aboutissement d’un compromis patiemment construit pour concilier deux exigences indissociables : améliorer durablement la qualité de l’eau et accompagner les agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques », a réagi vendredi Loïg Chesnais-Girard. Le Président de la Région Bretagne demande à l'État de réunir les « conditions d’une mise en œuvre de ces objectifs », dans un « calendrier réaliste ».
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