Après avoir reçu plus de 400 dossiers, la Foncière d’avenir en Gironde va examiner les 6 500 parcelles candidates à un rachat par ce véhicule public-privé inédit. Il reste à savoir si l'ampleur du dispositif sera suffisante pour enrayer la très mauvaise dynamique du marché viticole.C’est « un travail de dentelle » qui va débuter pour la Foncière d’avenir, selon Sophie Brocas, la préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine. Une première réunion du comité de copilotage ce jeudi 9 juillet à la préfecture a permis de poser un cadre provisoire avant la création formelle de la Foncière prévue cet automne avant de premières acquisitions avant la fin de l’année.
En un mois, l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) a convaincu 429 propriétaires de parcelles viticoles de présenter leur dossier. La préfecture considère cette opération comme un succès puisque la mobilisation est réelle, bien que les 4 400 hectares rassemblés doivent être considérés en regard des plus de 30 000 hectares de vignes arrachés depuis 2023 et des 80 000 hectares encore en exploitation dans le vignoble.
« Les besoins réels sont bien supérieurs »
Sans surprise, Dominique Teicher, initiateur de ce dispositif inédit, est déçu de ce volume : « Les besoins réels sont bien supérieurs, mais l’interprofession et les appellations n’ont pas fait le travail de communication et de pédagogie auprès des vignerons », regrette-t-il.
Tous les participants à l’AMI seront recontactés dans les semaines qui viennent, mais la priorité est donnée aux propriétaires exploitants en activité, qui représentent les deux tiers des dossiers. Pour racheter ces terres, la foncière dispose d’une enveloppe de 20 millions d’euros, abondée par quatre banques privées, par l'Etat et la Région. Une mise de départ qu’elle entend faire rouler progressiement. Elle procédera donc étape par étape, par achat puis revente visant à maintenir le budget jusqu’à ce que toutes les terres aient trouvé repreneur. La Safer refuse toujours de se prononcer sur un prix moyen à l’hectare mais évoque une fourchette comprise entre 2 000 et 10 000 euros.