Alors que chaque jour surgissent de nouvelles questions sur les responsabilités de Nestlé et Danone dans l’affaire des laits infantiles contaminés, la sanction des marchés ne s’est pas fait attendre. Mais si les deux multinationales voient leurs cours chuter, le géant français accuse un recul plus marqué. Décryptage.La corrélation est évidente. Le scandale des laits infantiles contaminés à la céréulide — une toxine produite par certaines bactéries — provoque une baisse sensible des cours des sociétés cotées en Bourse. Sont impliquées Nestlé et Danone, ainsi que Lactalis et Vitagermine (non cotées). La chronologie des révélations publiées par l’ONG Foodwatch, qui a déposé plainte jeudi devant le tribunal judiciaire de Paris, coïncide presque avec l’évolution de leurs actions depuis deux mois.
Pour Nestlé, pointé du doigt dès le début de cette affaire mondiale, la dynamique baissière commence le 18 décembre. L’action, alors vendue à 79,88 francs suisses, n’a jamais retrouvé ce niveau. Pour Danone, qui a rappelé ses premiers lots en France un mois plus tard, la plus grosse baisse date du 26 janvier. Les marchés ont réagi mécaniquement aux risques réputationnels et aux coûts des rappels. « Entre 50 et 100 millions pour Danone, selon les calculs de JP Morgan », souligne Antoine Fraysse-Soulier, analyste des marchés chez eToro.
Un impact « épidermique » global
Une différence surprend néanmoins. Les rappels de Nestlé sont plus anciens et s’ajoutent aux déboires de ses marques phares (Buitoni et les eaux Perrier, Vittel, Hépar et Contrex). Pourtant, la dégringolade est plus importante pour Danone. « Depuis le début de l’année, son action a perdu 14 %, contre 8 %, pour Nestlé », remarque Antoine Fraysse-Soulier.