Les géants de l’agroalimentaire face au défi nutritionnel
Marie-Pierre Gröndahl
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Le Nutri-Score.
© LTD / Mathieu Thomasset / Hans Lucas VIA REUTERS
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Le Nutri-Score.
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Alors que la prise de conscience des ravages de l'obésité s'intensifie, les grands du « food business » n'échappent plus aux pressions en faveur d'une nutrition équilibrée. Le plus gros coup de semonce a été donné le mois dernier par de puissants actionnaires institutionnels de Nestlé, le numéro un mondial du secteur (95 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023).
Plusieurs fonds d'investissement ont en effet mis à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale du groupe, le 18 avril, une résolution demandant la diminution de la proportion des produits mauvais pour la santé dans les ventes. Avec ses glaces, confiseries et autres barres chocolatées, le fabricant de Crunch, KitKat ou Smarties avait reconnu dès 2021 détenir trop de catégories aux antipodes des recommandations nutritionnelles établies par les organisations de santé publique.
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Mais pour ces investisseurs, soumis de façon croissante à des consignes strictes en matière de responsabilité sociale et environnementale, la composition actuelle du portefeuille de la multinationale de Vevey (Suisse) représente un risque « réputationnel » et réglementaire important. D'où cette exigence inédite d'expurger plus rapidement du catalogue les produits les plus gras et/ou sucrés. Nestlé avait indiqué de son propre chef, l'an dernier, vouloir une hausse de 50 % des ventes de produits plus « nutritifs » d'ici à 2030. Mais cette déclaration est jugée à la fois imprécise et insuffisante par les signataires, qui souhaiteraient que le groupe opère un virage bien plus drastique, dans des délais plus courts.
Marie-Pierre Gröndahl