Unilever a confirmé être en discussions avec McCormick pour céder son activité alimentaire, qui pèse près de 25 % de son chiffre d'affaires, soit 12,9 milliards d’euros.
Le géant britannique Unilever pourrait franchir une nouvelle étape majeure dans sa transformation stratégique. Le groupe a confirmé vendredi être en discussions avec McCormick & Company en vue d’une cession de son activité agroalimentaire, qui regroupe notamment les marques Knorr, Hellmann’s ou encore Maille.
Dans un communiqué, le groupe anglo-néerlandais indique avoir « reçu une offre non sollicitée pour son activité alimentation et être en pourparlers avec McCormick & Company », tout en précisant qu’il « n’existe aucune certitude qu’une quelconque opération sera conclue ». Aucun montant n’a été communiqué à ce stade.
L’activité concernée représente un enjeu de taille. Elle pesait environ un quart du chiffre d’affaires total du groupe en 2025, avec plus de 12,9 milliards d’euros de revenus. D’après des informations relayées par Bloomberg, une éventuelle cession pourrait valoriser cet ensemble « à plusieurs dizaines de milliards de dollars ».
Un repositionnement stratégique accéléré
Ces discussions s’inscrivent dans la volonté du directeur général Fernando Fernandez d’accélérer la mutation du groupe vers des segments jugés plus rentables. Après la scission de sa division glaces l’an dernier — désormais regroupée sous l’entité « The Magnum Ice Cream Company » — Unilever entend concentrer ses efforts sur la beauté, le bien-être et les soins personnels.
Le groupe, connu pour ses marques Dove ou Axe, a ainsi réaffirmé sa stratégie visant à se focaliser sur une trentaine de marques dites « motrices », dans un contexte de pression accrue des investisseurs. Parmi eux figure le fonds activiste Trian, contrôlé par Nelson Peltz, qui pousse depuis plusieurs années à une amélioration des performances.
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Malgré un recul de son chiffre d’affaires de 3,8 % en 2025, à 50,5 milliards d’euros, le groupe a réussi à faire progresser son bénéfice net à périmètre constant de 4,6 %, à 5,7 milliards d’euros — un indicateur qui conforte sa stratégie de recentrage sur les activités à plus forte marge.
Plusieurs scénarios sur la table
Si l’option d’une cession pure et simple est désormais envisagée, d’autres pistes restent à l’étude. Selon Bloomberg, le groupe en est encore « aux premières étapes de l’évaluation de différentes possibilités », incluant une scission partielle ou le maintien de certaines marques clés. Une décision finale pourrait ne pas intervenir avant 2027.
Le conseil d’administration d’Unilever tient d’ailleurs à rappeler que « le segment alimentation est une activité extrêmement attractive, dotée d’un solide profil financier, portée par des marques leaders sur des marchés en croissance, et il a confiance dans l’avenir » de cette division.
Les discussions actuelles font suite à plusieurs tentatives infructueuses de recomposition. Le Financial Times avait ainsi rapporté qu’Unilever avait envisagé, sans succès, une fusion avec les activités de condiments de Kraft Heinz.
Une opération structurante pour le secteur
D’après le Wall Street Journal, l’opération à l’étude pourrait prendre la forme d’un rapprochement entre les activités alimentaires d’Unilever et celles de McCormick, dans le cadre d’un échange d’actions, avec une finalisation potentielle dans les prochaines semaines.
Si elle aboutissait, cette transaction marquerait une recomposition majeure dans l’industrie agroalimentaire mondiale, tout en actant le virage stratégique d’Unilever vers les segments premium, le e-commerce et les produits à forte valeur ajoutée. Reste désormais à savoir si les discussions se concrétiseront — ou si, comme le laissent entendre les deux groupes, elles resteront sans suite.