L’ONG Max Havelaar France vient de publier son premier Observatoire de la rémunération agricole équitable. Les revenus les plus bas se trouvent chez les cultivateurs de céréales (53 % sous le SMIC), les éleveurs bovins, ovins et caprins, selon cette étude.
Dégradation de la balance commerciale agroalimentaire, crise du bio, mobilisations agricoles de 2024 et 2025 contre les normes environnementales et l’accord Mercosur,… Les crises agricoles sont souvent déclenchées par un paramètre commun : la fragilité du revenu des agriculteurs et une tension persistante autour du partage de la valeur au sein des chaînes agroalimentaires.
Alors que la Loi d’urgence agricole vient d’arriver en commission à l’Assemblée nationale(visant à simplifier le quotidien des exploitants et à renforcer la production) et que la question de l’aide aux revenus dans la future PAC 2028-2034 était à l’ordre du jour du conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE le 28 avril, l’ONG Max Havelaar France, qui milite en faveur d’une économie éthique et responsable, publie la première étude de son Observatoire de la rémunération agricole équitable « Nourrir à découvert – Décrypter les écarts pour construire un revenu agricole juste » (voir la méthodologie en encadré).
L’étude intègre les aides au revenu européennes attribuées aux agriculteurs. Selon l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), les revenus des agriculteurs restent issus à 83 % de la PAC, seuls 17 % provenant de la vente de leurs produits.
Si 27 % des agriculteurs gagnent entre un et deux SMIC, et 30 % deux SMIC, l’étude pointe un chiffre « choc » : entre 2015 et 2024, 43 % des agriculteurs français ont dégagé un revenu courant avant impôt par unité de travail annuel non salarié inférieur au SMIC. Pire, parmi eux, 14 % produisaient à perte.
Les revenus les plus bas se trouvent chez les cultivateurs de céréales (53 % sous le SMIC), les éleveurs bovins, ovins et caprins (52 %), les fruits et cultures permanentes (51 %) tandis que les producteurs de grandes cultures (pommes de terre ou betteraves) sont 34 % sous le SMIC.
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