Dans un avis publié ce mardi, les auditeurs européens soulignent le risque que la simplification recherchée ne soit pas au rendez-vous pour les États membres et les bénéficiaires des financements.Début février, la Cour des comptes européenne avait déjà critiqué les « incertitudes » de la nouvelle architecture de la Politique agricole commune proposée par Bruxelles pour 2028-2034. Dans un nouvel avis publié aujourd'hui, relatif à l'ensemble du grand Fonds européen, qui fusionnerait les financements consacrés à la PAC avec ceux destinés à la cohésion et à la défense, elle pointe de nouveau du doigt le manque de clarté du « big bang » budgétaire recherché par la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).
Pour justifier sa réforme radicale, l'exécutif européen insiste sur un objectif de « simplification ». Pourtant, cette dernière « risque de se produire surtout au niveau de la Commission européenne et de ne pas permettre d’alléger la charge administrative pesant sur les pays, les régions et les bénéficiaires », craint notamment la Cour des comptes.
Des arbitrages laissés aux États membres
La confusion critiquée porte tout d'abord sur les priorités. Doté de 44 % de l'ensemble des 2 000 milliards d'euros du nouveau budget de l'UE, le Fonds européen met en effet sur le même plan des « politiques aux objectifs, calendriers et processus d’exécution différents » qui pourraient néanmoins « conduire à des arbitrages ». Ces derniers sont toutefois laissés aux États membres, censés élaborer des plans nationaux réalisant non seulement tous ces objectifs disparates de l'UE, mais en les adaptant aux besoins de développement nationaux et régionaux.