Le secteur de l’emballage se transforme à marche forcée avant la nouvelle réglementation de l’UE

Le distributeur Défi Vrac est déployé depuis juin dans trois magasins pilotes
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Le distributeur Défi Vrac est déployé depuis juin dans trois magasins pilotes
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Le 12 août 2026. Pour beaucoup d’entre nous, la date fleure bon le farniente. Pour le monde de l’emballage, elle laisse présager au contraire un surcroît de travail. C’est en effet l’été prochain que commencera à entrer en application le nouveau règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages connu sous l’acronyme PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation). Un chamboule-tout pour un domaine d’activité déjà très normé.
« Quasiment tous les textes de référence qui l’encadrent vont évoluer, c’est particulièrement vrai dans l’agroalimentaire », prévient Sylvie Moison, directrice de Ligepack, une structure qui favorise l’échange entre industriels et producteurs d’emballages.
Placé sous le signe de l’économie circulaire, le texte – très dense – repose sur cinq commandements : réduction, réemploi, écoconception, réparation et recyclabilité. En France, il viendra se superposer à la loi AGEC adoptée en 2020. À la clé, beaucoup de changements qui plongent certains dirigeants dans l’incertitude. « A-t-on prévu un soutien psychologique ? », ironise un patron de PME normand rencontré par La Tribune lors d’un opportun « Emballage Day » organisé à Caen.
Si les entreprises vont devoir passer la surmultipliée, beaucoup ont déjà enclenché leur transformation souvent à bas bruit au prix de mesures de bon sens. « On va vers la simplicité en jouant sur l’épaisseur des matériaux des boîtes en essayant de ne pas trop sacrifier la fantaisie », explique David Meiss, patron de la chocolaterie des Chevaliers d’Argouges installée dans la Manche. À quelques kilomètres de là, la marque de fruits et légumes Florette a aussi diminué de 20 % à 25 % le grammage de ses sachets plastique de même qu’Amazon a allégé ses boîtes de transport.
D’autres industriels ont pris des dispositions plus radicales en migrant du plastique vers le carton ou le papier. « Dans le métier, on appelle cela la paperisation. C’est une tendance lourde », fait valoir Julien Gallot, chez Ligepack. Parmi les convertis, la marque Michel et Augustin, filiale de Danone, a substitué les pots en plastique pétro-sourcé de sa mousse au chocolat par leurs équivalents en carton qu’il promet « 100 % recyclables ». De son côté, le fromager Bel prépare le remplacement, « en 2026 ou 2027 », de la feuille d’aluminium qui entoure les portions du Kiri par un film papier. « Les premiers tests sont en cours pour s’assurer que les consommateurs sont prêts à accepter ce changement », fait savoir le groupe.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Forcée à muter, la branche commence à accoucher d’innovations de rupture. La société ligérienne Lactips s’est ainsi associée avec le finlandais Walki pour concevoir des emballages alimentaires en papier enduits d’une couche de bioplastique hydrosoluble et biodégradable à base de caséine de lait. Dans la même veine, Ligepack cite en exemple le californien Original Matérials à l’origine de ce qui est présenté comme une « première mondiale » : un bouchon en PET recyclable dans le même circuit que les bouteilles plastiques.
Ailleurs, c’est le gain de matière qui est recherché. Dans l’Eure, la start-up Flexikeg commercialise une outre souple réutilisable, quatre fois plus légère que les lourds fûts de bière en inox qu’elle cherche à remplacer. « À l’intérieur, une première poche changée après chaque utilisation renferme le liquide. La seconde fabriquée en toile architecturale contient le gaz qui permet d’extraire la boisson », détaille Jean Christophe Doux, son fondateur.
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Le vrac, fortement encouragé dans le PPWR, trace aussi son sillon. Le groupe coopératif Agrial a ainsi lancé plusieurs expérimentations pour de la bière et du cidre avec la complicité de Carrefour et de U. En juin dernier, les enseignes Lesieur, Bel, Danone et Famille Michaud Apiculteurs ont déployé leurs premières machines de vrac pour des produits semi-liquides dans trois magasins. Reste à convaincre les consommateurs de s’acculturer à ces nouvelles pratiques. Aujourd’hui, chaque Français dépense en moyenne 50 euros par an pour acheter des aliments en vrac, rappelle Julien Gallot. « La conscience écologique a beau être forte, ce mode de consommation reste marginal », observe-t-il. Plusieurs enseignes pionnières du zéro déchet en ont fait les frais ces dernières années.