Les consommateurs reviennent à l'alimentation bio, qu'ils avaient abandonnée à cause de l'inflation. Mais la pérennité de l'embellie est encore à confirmer.Le marché bio retrouve des couleurs. Après plusieurs années de crise, plusieurs signaux indiquent en effet un regain d'intérêt de la part des consommateurs.
En août 2025, dans les grandes surfaces alimentaires, alors que globalement les volumes des produits de grande consommation se sont contractés de 0,4 %, ceux du bio ont crû de 0,9 %, observe, dans son dernier bilan mensuel, le cabinet d'études Circana. « Et la croissance en valeur reste soutenue sur tous les rayons (...) alimentaires », ajoute le cabinet. La part de marché des produits de grande consommation et des produits frais traditionnels bio s'est stabilisée à 4,1 % sur les douze derniers mois, note pour sa part le Worldpanel by Numerator (anciennement Kantar) dans son bulletin de septembre.
« Jamais les consommateurs ont plébiscité autant le bio », se réjouit Franck Poncet, le directeur général de l'enseigne leader des magasins spécialisés, Biocoop, en rappelant que le marché du bio est passé de 5 à 12 milliards d'euros entre 2014 et 2024.
Moindre inflation et inquiétudes autour des pesticides
Selon les experts, cette embellie a surtout une raison : le « retour de la valorisation des achats des consommateurs dû à une moindre inflation en général », résume Worldpanel. « Le prix reste certes important dans les critères de choix, mais la recherche de qualité revient en force, et l'alimentation retrouve des couleurs dans les arbitrages des Français », explique le cabinet, en soulignant en parallèle une hausse de l'attractivité prix du bio, dont les produits « ont été moins touchés par l'inflation que les produits conventionnels ces derniers mois au moment des pics inflationnistes ».
Mais d'autres facteurs jouent aussi, énumère-t-il : « la restructuration et réorganisation des enseignes spécialisées », la « fin de la politique drastique de rationalisation dans les grandes surfaces alimentaires », qui avait conduit à un important déréférencement des produits bio, ou encore « les campagnes bio réflexes pilotées par l'Agence bio (qui) commencent à porter leurs fruits » et la « forte préoccupation santé et inquiétude des consommateurs autour du glyphosate et des pesticides en général, accélérée par le buzz médiatique autour de la loi Duplomb ».