Un chercheur grenoblois vient de mettre au point un nouveau type d’emballage antifongique et anti-oxydant en carton, associé à une sous-couche contenant des huiles essentielles.
Réduire l’usage du plastique, tout en allongeant la durée de vie des fruits fragiles comme les fraises, les framboises ou encore les mûres. Tel était l’objectif d’un projet de recherche d’un chercheur grenoblois, qui vient de mettre au point un nouveau type d’emballage en carton, associé à des huiles essentielles.
Les Français en consomment en moyenne 120 000 tonnes en France chaque année, dont la moitié est issue d'une production hexagonale. Les fraises sont de retour sur les étals depuis quelques semaines, et même si la loi Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire (AGEC) fixe l'objectif de « zéro emballage plastique à usage unique » d'ici à 2040, leurs barquettes sont encore exemptées de ce dispositif jusqu'en juin 2026. Il n'empêche : les industriels et les chercheurs sont déjà à l'affût de nouvelles solutions pour emballer ces fruits considérés comme « fragiles ».
En Isère, un laboratoire d'une unité mixte, rattachée au CNRS, à Grenoble INP et à l'Université Grenoble Alpes, travaille, depuis trois ans, sur une nouvelle génération d'emballage en carton ondulé, capable de remplacer le plastique. Pour cela, René Romero Lezama, chercheur au Laboratoire de Génie des Procédés (LGP2) pour la bioraffinerie, les matériaux biosourcés et l'impression fonctionnelle, s'est penché sur l'ajout d'un nouveau principe actif et naturel : l'huile essentielle de carvacrol, une molécule que l'on retrouve aussi dans l'huile d'origan aux propriétés antifongiques.
Insérée au sein d'une couche intermédiaire de l'emballage, celle-ci permettrait d'allonger la durée de vie et la conservation des fraises, sans pour autant entrer en contact direct avec le produit.
Une alternative sans plastique
« Les fraises, les myrtilles, ou encore les framboises sont des fruits sensibles aux températures et au développement des champignons : qu'ils soient emballés dans du plastique ou du papier, leur durée de vie demeure très limitée. Nous souhaitions donc proposer une alternative qui réponde, en plus, aux nouvelles législations européennes à venir », constate René Romero Lezama.
C'est en s'appuyant sur les emballages en cellulose ondulés du papetier britannique DSSmith (présent dans 30 pays avec près de 30 000 collaborateurs), que le laboratoire a entrepris de développer un nouveau type d'emballage intégrant cette huile essentielle au sein d'une sous-couche, capable de retenir et de restituer ce composant habituellement volatil. Le tout, sans entrer directement en contact avec les fruits. « Notre objectif était d'avoir un emballage sans plastique, majoritairement en papier, qui soit recyclable mais aussi scalable pour être fabriqué en série par l'industrie du papier et de l'emballage », affirme René Romero Lezama.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.