Malgré une édition 2025 très fréquentée du salon SITEVI à Montpellier, la crise de la filière viticole se fait sentir chez les fournisseurs.
Michèle TREVOUX
REPORTAGE. Secoués par ricochet par la crise viticole, les fournisseurs de la filière se préparent à une année difficile. Témoignages à Montpellier depuis le SITEVI, salon international pour les filières viticole, vinicole, oléicole et arboricole, qui ferme ses portes ce 27 novembre au soir.
« On s’attendait à pire. Finalement, nous avons eu une bonne fréquentation et pu concrétiser certaines affaires ». Sur le stand de Pellenc, Philippe Astoin, directeur commercial de ce constructeur provençal de matériel viticole et oenologique, n’est pas mécontent de ses deux premières journées sur le SITEVI, qui s’est déroulé du 25 au 27 novembre à Montpellier.
Il ne cache pas pour autant son inquiétude quant à la crise que traverse la filière viticole. L’entreprise, qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires en viticulture, a déjà accusé le coup en 2024 avec un chiffre d’affaires en retrait. En 2025, il devrait rester stable mais loin des objectifs fixés à la hausse suite à la mise en service d’une nouvelle usine au Portugal.
Les ventes de machines à vendanger divisées par deux
« C’est la viticulture mondiale qui est en crise, souligne Philippe Astoin. Il y a trois ans, il se vendait 1 200 machines à vendanger par an dans le monde. Aujourd’hui, c’est 650. La crise viticole a mis un coup de frein aux investissements. »
Et le nouveau plan d’arrachage annoncé par la ministre de l’Agriculture cette semaine n’est pas pour le rassurer : « 100 hectares de vigne arrachés, c’est une machine à vendanger en moins », déplore-t-il.
Pour passer ce cap difficile, l’entreprise basée à Pertuis, accélère sa diversification en arboriculture et oléiculture. Elle s’attache à proposer à ses clients viticulteurs des solutions pour s’adapter au marché - comme Smart Winelyse, un dispositif de désalcoolisation partielle des vins - ou pour gagner en précision dans le réglage des machines à vendanger avec un système qui permet d’ajuster les paramètres de la tête de récolte à partir d’un smartphone.
Le pépiniériste VCR France accuse également le coup. En 2025, les commandes ont chuté de 20 %. Le directeur Loïc Breton commente la situation depuis son stand : « Pour la prochaine campagne, on a anticipé et réduit nos greffages de 10 à 15 %. Les viticulteurs sont inquiets, ils hésitent à investir. L’an dernier, nous avons également eu beaucoup d’annulations de commandes à cause du temps pluvieux lors des plantations ».
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