La commission des affaires économiques du Sénat a rendu public, le 29 octobre, son rapport sur la viticulture. N’hésitant pas à mettre les pieds dans le plat, elle invite les acteurs de la filière à surmonter leurs différences et désaccords.
Vingt-trois. C’est le nombre de recommandations émises par le rapport sur la viticulture de la commission des affaires économique du Sénat. Présentées le 29 octobre, les conclusions du rapport jettent plusieurs pavés dans la mare de la filière…
Le premier, l’idée d’organiser des assises de la viticulture qui auraient pour objet de rapprocher l’amont et l’aval par l’entrée du négoce dans les organismes de gestion des appellations (ODG) d’une part et un engagement « formel et contrôlé » à la contractualisation d’autre part. Autre pavé, touchant, quant à lui, au porte-monnaie : les sénateurs proposent de réserver les aides à la restructuration des vignobles aux projets collectifs et non plus aux entreprises, comme c’est le cas aujourd’hui.
« On ne peut plus continuer à dépenser les fonds publics comme on le fait, justifie Daniel Laurent, sénateur de Charente-Maritime et un des trois rapporteurs avec Henri Cabanel (Hérault) et Sébastien Pla (Aude). Il faut que toutes les prochaines aides à l’arrachage ou à la distillation, rendus nécessaires par la crise actuelle, soient conditionnées au succès de ces assises. »
« Plus rigoureux » sur l’argent public
L’élu de la chambre haute appelle chacun des maillons de la filière à prendre des engagements.
« Les banques sont-elles prêtes, aujourd’hui, à prendre plus de risques sur cette production ? La grande distribution est-elle prête à faire les efforts nécessaires pour relancer la consommation ? Le secteur de l’hôtellerie est-il prêt à revoir sa politique tarifaire pour rendre le vin plus accessible dans les restaurants ? L’État est-il prêt à apporter un soutien financier ? L’administration est-elle prête à simplifier ses procédures ? », interroge-t-il.
De son côté, Sébastien Pla insiste sur la nécessité, et c’est aussi une des recommandations du rapport, de faire exactement coïncider la production avec la commercialisation, pour ne plus créer de déséquilibre. Et affirme que, « compte tenu du contexte économique, il va falloir être beaucoup plus rigoureux quant à l’utilisation de l’argent public ». Les sénateurs proposent ainsi la généralisation des dispositifs de régulation des volumes commercialisables à l’échelle des interprofessions.
« Dans le cas des fusions de caves coopératives, comme c’est attendu, il faudra que l’État aide comme il s’y est engagé mais à condition qu’il y ait une vraie stratégie dans le projet de fusion », ajoute le sénateur audois, visant ainsi à éviter de marier « deux pauvresqui ne feront jamais un riche ».
Newsletter
Climat & environnement
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.