Au pied du parc national des Écrins, Serre Chevalier est devenu un laboratoire pour le territoire. Depuis quelques années, l’une des plus grandes stations des Alpes du Sud agit selon un objectif : accompagner son domaine vers un modèle plus durable. « Depuis de nombreuses années, nous essayons d’avoir une politique environnementale structurée », relate Patrick Arnaud, directeur du domaine skiable de Serre-Chevalier, « dès le début des années 2000 avec la certification ISO 14001 - norme internationale qui spécifie les exigences pour un système de management environnemental (SME) – puis depuis 2010 avec la mise en place d’un observatoire environnemental permettant d’avoir un inventaire complet de la biodiversité du domaine. Depuis la loi climat et résilience – promulguée en 2021 et visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030, NDLR – nous nous sommes demandés comment nous pouvions contribuer à cet objectif à notre échelle, en tant qu’entreprise. »
Dès lors, le domaine skiable devient un démonstrateur de trois énergies renouvelables : hydroélectricité, photovoltaïque et micro-éolien, grâce à un investissement d’environ 4 millions d’euros. « L’éolien n’est pas forcément le plus adapté. En revanche, le photovoltaïque est une bonne surprise puisque nous nous sommes aperçus que le froid et la réverbération de la neige sont favorables à un rendement supérieur de 15 à 20%. L’hydroélectrique, au moyen de deux turbines, nous a permis de produire de l’énergie sur de l’existant », détaille Patrick Arnaud. Et grâce, en parallèle, à des efforts pour réduire de 20% la consommation annuelle d’eau et d’électricité, le domaine peut se targuer de couvrir entre 30 et 35% de ses besoins énergétiques de façon autonome – 34% en 2024. « C’est plutôt une bonne opération. Plus de 700 000 euros sont économisés, par an, grâce aux EnR », détaille le directeur de Serre Chevalier Vallée, soit un retour sur investissement obtenu en 6 ans. Et si le prix de l’énergie était relativement bas à l’époque, le chef d’entreprise se félicite de pouvoir compter sur cette production d’énergie aujourd’hui, alors que son prix oscille au rythme des bouleversements géo-politiques.