Dans un bassin légèrement surélevé, une épaisse couche de copeaux de bois et des vers de terre, véritables auxiliaires du traitement de l’eau : ce dispositif vient d’être mis en place au domaine viticole Lafage, dans les Pyrénées-Orientales.
Le domaine viticole Lafage, à Perpignan, vient de se doter d’une station de traitement des effluents de cave qui lui permet de réutiliser 10 000 mètres cubes d’eau par an. Son originalité : elle recourt à des copeaux de bois et... des vers de terre.
Le bassin légèrement surélevé est situé à l’entrée du domaine, le long de la route qui mène aux bâtiments, à proximité des vignes. Dans ce bassin, une épaisse couche de copeaux de bois, et dans les copeaux, des vers de terre, véritables auxiliaires et moteurs de ce qui va se passer ensuite.
Le principe a été développé au Chili par la société BioFiltro, et le domaine Lafage est la seconde mise en service en France, après le château Palmer dans le Bordelais. C’est une canalisation qui draine les effluents de la cave, les eaux utilisées au jour le jour pour la faire tourner. Une première étape consiste à extraire les résidus les plus gros et à analyser l’eau avant de la confier au bassin de traitement.
Il faut quelques semaines pour que ces vers, de l’espèce Eisenia andrai ou vers de Californie, colonisent la couche de copeaux de pins en provenance de l’entreprise voisine Tubert d’Elne. À terme, ils seront environ 5 000 par mètre cube. Leur rôle est double : dégrader les copeaux et creuser des galeries pour favoriser la création d’une vie microbienne qui viendra épurer l’eau, la laissant uniquement chargée en matière organique.
Avant de l’envoyer dans le bassin de traitement, « il faut être sûr que l’eau est bien neutre, ni trop acide ni trop basique, pour que les vers de terre n’en souffrent pas », explique Antoine Lespès, consultant R&D du domaine viticole.
Une fois les paramètres de l’eau corrigés, elle est pulvérisée sur l’épais tapis de copeaux sur lequel elle va percoler avant de passer à travers un lit de gravier. A la sortie, elle est analysée de nouveau et si les critères ne correspondent pas, elle repart dans le circuit, d’une capacité de 30 mètres cubes par jour, jusqu’à être conforme.
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