À partir de ce 1er janvier, l’Union européenne déploie son mécanisme carbone aux frontières. Les importateurs de produits très émetteurs en CO2 vont devoir mettre la main au porte-monnaie. Voici tout ce qu’il faut savoir.C’est l’un des outils les plus puissants du Pacte vert européen, paquet législatif visant la neutralité carbone de l’UE en 2050. Ce jeudi 1er janvier 2026, le « Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières » (MACF) entre dans sa phase la plus concrète, celle qui touche directement le portefeuille des entreprises étrangères exportant vers l’UE certains produits à forte intensité carbone.
L’objectif de ce mécanisme est d'éviter les « fuites de carbone », c’est-à-dire la délocalisation de la production industrielle européenne vers des pays tiers ayant des normes climatiques moins contraignantes, comme la Chine ou l’Inde. Les entreprises étrangères exportatrices sont incitées à se tourner vers des processus de fabrication moins émetteurs, limitant ainsi le bilan climatique externe de l'UE.
Voici ce qu’il faut savoir de cette nouvelle taxe carbone « made in Europe ».
Quels sont les produits visés ?
L’UE vise en priorité des produits importés, dont la confection a une facture carbone significative. Sont donc ciblés, à date, les biens suivants : l’acier, le ciment, l’aluminium, l’hydrogène, l’électricité et les engrais azotés. En cumulé, ces importations représentent près de la moitié des émissions industrielles de l’UE. À noter : en raison de la crise agricole, la Commission a finalement décidé d’appliquer aux engrais une surtaxe de seulement 1 %.
Mi-décembre, la Commission a proposé d’étendre cette taxe carbone à 180 produits importés à forte teneur en acier et en aluminium. Il s'agit en grande majorité de machines industrielles lourdes et d'équipements spécialisés, comme les radiateurs industriels, les portières de voitures, les clous et vis. Mais aussi certains biens de consommation plus courants comme les machines à laver, les réfrigérateurs et les congélateurs. Cette extension reste cependant soumise à l’examen des États membres et du Parlement européen.