Climat : Les émissions de CO2 de la France stagnent en 2025, loin des objectifs
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Dans l'industrie manufacturière, la baisse des émissions se maintient à 2,8 % (60 MtCO2e prévus).
/FW1FP/Louise Heavens - REUTERS - Peter Andrews
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Dans l'industrie manufacturière, la baisse des émissions se maintient à 2,8 % (60 MtCO2e prévus).
/FW1FP/Louise Heavens - REUTERS - Peter Andrews
Les prévisions trimestrielles révisées publiées par Rexecode ce vendredi 19 décembre montrent que la baisse des émissions de CO2 ralentit fortement et que la dynamique de décarbonation de l'économie française s'essouffle. L’institut table sur un volume d'émissions de 366 millions de tonnes l'équivalent CO2 (MtCO2e) pour l'année 2025, contre 367 MtCO2e en 2024. Ce recul marginal de 0,5 % contraste avec les ambitions de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), dont la version révisée exige une réduction de 5 % par an pour tenir les engagements climatiques du pays.

Cette révision à la baisse de la performance environnementale française s'explique en partie par un ajustement de la modélisation. Les précédentes estimations de septembre 2025 péchaient par un excès d'optimisme technologique. Le nouveau modèle intègre désormais avec plus de rigueur les aléas conjoncturels, comme les variations de températures et le niveau réel de l'activité économique, plutôt que de se reposer uniquement sur des gains d'efficacité théoriques à long terme.
C'est le point noir de cette note. Alors que le secteur affichait une tendance baissière ces dernières années sous l'effet du choc énergétique, les émissions des bâtiments devraient bondir de 4,9 % en 2025 pour atteindre 58 MtCO2e.
Ce dérapage est principalement météorologique. Les températures minimales durant les mois les plus froids ont chuté de 1,2 °C en moyenne par rapport à 2024, soit une baisse de 15 %. Face à cette rigueur climatique, les efforts de rénovation énergétique et la modernisation des systèmes de chauffage s'avèrent insuffisants pour compenser l'augmentation des besoins en thermique. Ce rebond suggère également une reprise des comportements de consommation d'avant-crise.
Dans l'industrie manufacturière, la baisse des émissions se maintient à 2,8 % (60 MtCO2e prévus). Ce résultat notable intervient malgré une hausse de la production industrielle de près de 2 %. Les investissements dans l'efficacité énergétique parviennent ici à surcompenser la croissance des volumes, bien que des disparités fortes subsistent : si la chimie et les minéraux non métalliques reculent, le raffinage et la métallurgie voient leurs émissions progresser.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Le secteur des transports, premier contributeur national, reste quasiment à l'arrêt avec une érosion de seulement 0,6 % de ses émissions (124 MtCO2e). Si l'électrification du parc automobile est une réalité, son impact reste dilué par l'omniprésence des motorisations thermiques : les véhicules 100 % électriques ne représentent encore que 3 % du parc circulant. L'usage effectif des véhicules routiers stagne, neutralisant les progrès technologiques réalisés sur les nouveaux modèles.
L'agriculture et la production d'énergie affichent des trajectoires plus favorables. Le secteur agricole voit ses émissions refluer de 2,5 % (74 MtCO2e), un mouvement porté par la réduction des cheptels bovins et une utilisation plus rationnelle des engrais azotés. Du côté de l'énergie, la production d'électricité poursuit sa décarbonation (-9,5 %), même si ce gain est en partie absorbé par la hausse des émissions liées à la production de chaleur centralisée.
Au total, ce ralentissement de la baisse des émissions intervient dans un contexte de croissance économique modérée, avec un PIB en hausse de 0,9 % sur un an. Si le pays parvient à ne plus lier mécaniquement croissance et pollution, le rythme actuel est insuffisant. Le recalibrage des données, qui converge désormais avec les chiffres du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa) qui évoque 366 MtCO2e, confirme que la France s'éloigne de la trajectoire de 5 % de baisse annuelle nécessaire pour respecter ses propres engagements de transition.
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