Depuis 10 ans, le ralentissement des algues vertes est « notable » et « la prolifération des algues vertes demeure prégnante » constate la Cour des comptes dans un nouveau rapport.
Absence de stratégie, résultats incomplets : la Cour des comptes épingle la lutte imparfaite de l’État face à la prolifération des algues vertes. Les moyens augmentent mais les algues aussi. La Région Bretagne exige un changement de méthode et davantage de décentralisation.
« Les dispositifs ne sont pas suffisamment coordonnés, les contrôles de l’État inégaux et les responsabilités dispersées » : le Conseil régional de Bretagne a abondé ce vendredi matin dans le sens du rapport critique de la Cour des comptes etde la Chambre Régionale des Comptes (CRC), publié vendredi 10 juillet et pointant les carences de l’État dans la stratégie mise en œuvre pour lutter contre les algues vertes.
Dues à une concentration excessive de nitrates en lien avec l’agriculture intensive, celles-ci pullulent particulièrement en Bretagne depuis les années 1970 et en 2024, elles se sont échouées sur 2 091 hectares de plages et de vasières. Huit baies sont concernées, de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) au Finistère, jusqu'au golfe du Morbihan.
Baisse de 45 % depuis les années 2 000
« Je rejoins très largement les constats, les conclusions et recommandations du rapport publié ce jour », écrit le président de la région, Loïg Chesnais-Girard.
« La Bretagne mène depuis plus de trente ans un combat déterminé et mobilise 8,4 millions d'euros sur le 3e plan 2021-2027 pour accompagner les transitions agricoles. La mobilisation collective a permis des progrès réels », constate-il, ajoutant que « reconnaître le chemin parcouru, c’est surtout exiger un changement de méthode ».
Dans son enquête, établie cinq ans après un premier rapport, la Cour des comptes note effectivement des « avancées réelles » dans les moyens engagés. Entre le premier plan de 2011 et le troisième en cours jusqu’en 2027, ils sont passés de 56 millions d’euros à 128,6 millions d’euros, tandis que les dépenses pour la prévention des fuites d’azote ont doublé en dix ans.
Depuis les années 2000, les concentrations de nitrates dans les cours d’eau des huit baies concernées ont diminué en moyenne de 45 % (- 29% depuis 2010), passant de 61,8 mg/L à 33,4 mg/L. Mais le ralentissement est « notable depuis 10 ans » et « la prolifération des algues vertes demeure prégnante », constate la Cour des comptes.
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