ENTRETIEN. À l'occasion de l'Aeroforum, le PDG de Daher et président des équipementiers du secteur (GEADS) est revenu sur le virage engagé par le troisième avionneur français vers la défense. Un mouvement suivi par toute la filière depuis la guerre en Ukraine.
LA TRIBUNE - Daher a annoncé lors du dernier salon du Bourget un virage stratégique pour doubler les revenus dans la défense. Comment y parvenir ?
DIDIER KAYAT - Après deux chocs majeurs, le Covid (qui a généré des problèmes d'approvisionnement) et la guerre en Ukraine, il nous paraissait naturel d'apporter nos savoir-faire au service de la défense. Daher réalise 1,8 milliard d'euros de chiffre d'affaires sur quatre métiers : nous sommes le troisième avionneur français, nous fabriquons aussi des aérostructures pour les grands donneurs d'ordre et nous apportons du service, de la logistique et du support industriel. Nous réalisons aujourd'hui près de 300 millions de chiffres d'affaires dans la défense et il ne nous paraît pas aberrant d'atteindre 600 millions dans ce secteur vu le contexte de croissance phénoménal anticipé dans cette industrie.
Nous avons fait le choix de ne pas créer une division à part parce que ce sont bien nos savoir-faire qui doivent être apportés au secteur de la défense. L'un des grands projets est d'aller vers la dronisation de nos avions dans un programme mené notamment en partenariat avec Thales. Lors du salon du Bourget, cinq consortiums d'entreprises ont été sélectionnés pour démontrer des projets de drones MALE (longue endurance à moyenne altitude, NDLR) dont quatre startups et le consortium porté notamment par Daher et Thales.
Comme les avions de Daher sont déjà certifiés (le TBM ou le Kodiak, tous deux capables d'emporter une tonne de charge utile, NDLR), il est beaucoup plus rapide de droniser une plateforme existante. Ce drone va voler dans les semaines à venir. Ce n'est qu'un démonstrateur pour démontrer la faisabilité du programme et permettre à la DGA (direction générale de l'armement) de construire son cahier des charges pour ces futurs drones MALE, domaine dans lequel la France n'est pas souveraine aujourd'hui.
Par ailleurs, Daher réalise depuis 30 ans du soutien aux OPEX, aux opérations extérieures de la France. Nous accompagnons les matériels des forces armées dans tous les conflits dans lesquels la France est impliquée.
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