Aéronautique : la filière européenne en quête de résilience pour garder son leadership mondial
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La montée des protectionnismes au coeur de l'Aeroforum le 13 novembre à Toulouse
Rémi Benoit
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La montée des protectionnismes au coeur de l'Aeroforum le 13 novembre à Toulouse
Rémi Benoit
« Nous avons eu un pistolet sur la tempe pendant plusieurs mois parce qu'en cas de droits de douane, nous ne pouvions plus vendre nos avions aux Etats-Unis. Donald Trump a donné des sueurs froides aux industriels », a rappelé Didier Kayat lors de l'Aeroforum organisé par La Tribune le 13 novembre depuis l'aéroport Toulouse-Blagnac.
Le PDG de Daher et président du GEADS (groupe des équipementiers aéronautiques, de défense et spatiaux) au sein du Gifas a rappelé la grande inquiétude traversée par la filière à la suite du Liberation Day début avril. « Avant d'arriver à un heureux dénouement, le Gifas a organisé des réunions toutes les semaines avec une task force dédiée pour expliquer au niveau national et international que mettre des droits de douane sur l'industrie aéronautique, c'était se tirer une balle dans le pied ».
Au final, l'industrie aéronautique s'en sort plutôt bien puisque d'après une étude du Gifas, 95% des flux échappent à cette nouvelle taxation : « Il reste 5 % de sujets qui ne sont pas encore exonérés de taxes. Cela touche principalement les matériaux à usage multisectoriel utilisés notamment dans l'aéronautique comme le titane, l'aluminium... », précise-t-il.

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Cette fièvre américaine de droits de douane s'inscrit dans un contexte d'incertitude généralisée à l'échelle du globe qui impacte les décisions des industriels de la filière. En septembre dernier, le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury, estimait que « l'acronyme VUCA (volatilité, incertitude, complexité, ambiguïté) définit très bien le monde où nous sommes ». « Ce qui est nouveau, c'est l'amplitude de l'incertitude. Depuis la guerre en Ukraine, les dirigeants doivent faire face à une conjonction inédite de facteurs politiques, technologiques et géopolitiques avec parfois des changements brutaux de position », remarque le général Éric Autellet, senior partner chez Roland Berger.
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