Spatial : Reuniwatt mise sur le laser face à la saturation des communications satellitaires
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Victoria Touzard, ingénieure à Toulouse et Nicolas Schmutz, PDG de Reuniwatt.
Florine Galéron
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Victoria Touzard, ingénieure à Toulouse et Nicolas Schmutz, PDG de Reuniwatt.
Florine Galéron
L'ère des méga constellations bouleverse le secteur spatial. Plus de 14 000 satellites actifs sont actuellement en orbite, soit un doublement en trois ans et dix fois plus en dix ans. Une tendance loin d'être arrivée à son terme puisque Elon Musk vise 42 000 satellites Starlink et que le projet Amazon Leo de Jeff Bezos cible plus de 3 000 exemplaires.
Cette prolifération exponentielle d'objets en orbite bouleverse le secteur spatial, augmentant la complexité de la régulation des fréquences. Les besoins en débit, déjà élevés, devraient encore augmenter au cours de la prochaine décennie, ce qui fait poindre un risque de saturation du spectre. En pratique, certains facteurs limitent déjà les performances puisque des ondes radio émises sur une même fréquence par des sources différentes peuvent interférer entre elles, ce qui dégrade la qualité de la transmission.
Pour y remédier, l'une des solutions envisagées est de passer par des communications optiques en envoyant des données via un laser infrarouge. « Face à la saturation, la communication laser est une voie intéressante. Le satellite envoie un rayon laser directement sur la station laser avec un débit de plusieurs térabits par seconde, nettement supérieur aux communications radiofréquences traditionnelles. Cette transmission ciblée est beaucoup plus cybersécurisée puisque le spectre de transmission des données est plus restreint. En revanche, le signal sera atténué par la présence de nuages, voire totalement coupé si le nuage est trop épais », relate Nicolas Schmutz, PDG de Reuniwatt.
À lire également
Cette société compte contourner cet obstacle au déploiement massif des communications par laser via une technologie de rupture pour mieux prévoir la formation des nuages et des perturbations atmosphériques. Fondée en 2009 à La Réunion, la PME a mis au point Sky InSight, un imageur infrarouge du ciel capable de livrer des informations sur la hauteur et l'épaisseur des nuages.