Aéronautique : la riposte française face à la crise du titane et des semi-conducteurs
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Rémi Benoit
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L'annonce a fait grand bruit au printemps dernier. En amont du salon Choose France, Thales a annoncé une alliance avec le poids lourd taïwanais de l'électronique Foxconn et Radiall, spécialiste des connecteurs et composants pour implanter une usine de semi-conducteurs sur le sol français. « Un pas vers l'autonomie stratégique pour la microélectronique », exulte alors l'Elysée au moment où l'Hexagone peine à se réindustrialiser et que 80 % de la production de semi-conducteurs provient d'Asie du Sud-Est.
« L'Europe a décidé il y a quarante ans de laisser partir la production en Asie. Aujourd'hui, on fabrique plus que 2% des composants électroniques mondiaux, alors qu'ils sont au cœur des systèmes militaires de demain. Quarante pour cent du coût d'une munition rodeuse (drone kamikaze) sont liés à l'électronique, avant tout sur les aspects navigation, mais aussi sur les propulsions et sur les charges », a alerté Eric Kirstetter, senior partner chez Roland Berger, lors de l'Aeroforum organisé le 13 novembre dernier par La Tribune depuis l'aéroport Toulouse-Blagnac.
« Clairement, la France et plus globalement l'Europe n'ont pas investi depuis fort longtemps dans les composants. Thales a pris l'initiative de s'associer avec Foxconn et Radiall pour créer une joint-venture spécialisée dans l'assemblage et tests de semi-conducteurs et cela constitue notre brique pour assurer une certaine indépendance technologique dans le secteur de l'aéronautique, du spatial et de la défense en Europe », avait indiqué en ouverture de l'événement Yannick Assouad, vice-présidente exécutive avionique de Thales.
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La future usine vise la production de 100 millions d'euros de composants SIP d'ici au début de la prochaine décennie. Au-delà de la fabrication en elle-même des composants, les services de conception, la découpe, l'assemblage et les tests seront également réalisés sur le sol français. « Face à une désindustrialisation sur ces composants, il est indispensable pour garantir notre souveraineté de disposer à nouveau de capacités de production européennes, et surtout françaises, sur les dernières technologies », met en avant Luc Kaes, directeur général délégué de Radiall.