On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ce n'est pas le tonitruant patron de Ryanair qui dira le contraire. Michael O’Leary n’a d’ailleurs pas manqué de faire le show, mardi 10 février, dans les locaux de Safran, à Paris. Malgré l’importance de l’événement, il a multiplié les grimaces amusées et les marques de proximité avec le patron de l’industriel, Olivier Andriès. La compagnie à bas coûts a signé ce jour-là un protocole d’accord avec le motoriste, et plus précisément avec CFM International, la société commune entre Safran et l’américain GE Aerospace. En jeu : un contrat de plusieurs milliards de dollars sur quinze ans. Ce partenariat vise, pour la compagnie, à accroître son indépendance dans la maintenance de ses moteurs. Un virage stratégique majeur.
Safran et Ryanair n’en sont pourtant pas à leur premier partenariat. Depuis trente ans, CFM assure la maintenance de tous les moteurs de Ryanair, dans le cadre de contrats établis à l’heure de vol. Cela représente aujourd’hui l’entretien des moteurs des 640 appareils de la compagnie irlandaise : le CFM56 (qui équipe plus de 400 Boeing 737-NG) et son successeur, le Leap (pour les plus de 200 Boeing 737-MAX 8). La compagnie à bas coûts se charge déjà d’une partie de la maintenance de ses avions, avec des sites européens notamment en Irlande, en Espagne, en Lituanie ou en Pologne.