Le motoriste français Safran vient d'annoncer qu'il allait investir significativement dans son usine du Creusot, vitrine de la modernité industrielle, afin notamment de doper la production des moteurs M88 qui équipent le Rafale. Une annonce qui incarne la volonté de Safran d'accélérer sur le double sourcing de ses flux industriels.C’est l’une des rares bonnes nouvelles dont peut se vanter l’industrie française en ce début d’année 2026. Le motoriste Safran, via sa division Safran Aircraft Engines, vient d’annoncer, ce jeudi 29 janvier, un investissement significatif dans l’une de ses usines françaises. L’équipementier aéronautique va injecter 70 millions d’euros dans son site industriel du Creusot (Saône-et-Loire).
Une somme non négligeable qui va pérenniser cette usine puisqu’elle va s’ouvrir à des productions en lien avec le marché de la défense. « Cette extension permettra l’intégration de lignes de production de pièces tournantes complexes pour les moteurs M88 et GE90 qui équipent respectivement l’avion de combat Rafale et l’avion long-courrier Boeing 777 », précise l’entreprise dans un communiqué.
Jusqu’à présent, cette même usine de 200 collaborateurs était totalement dédiée à la fabrication des disques de turbine basse pression destinés aux moteurs LEAP et CFM56 de CFM International qui équipent les Airbus A320 et les Boeing 737. Avec ce nouvel investissement, ce site du Creusot devient plus que jamais stratégique pour la France et surtout il incarne la nouvelle stratégie industrielle de Safran.
Double sourcing
Dans le cadre d’une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat au début du mois de janvier, le directeur général, Olivier Andriès, n’a pas caché sa volonté d’amplifier le double sourcing en interne afin d’accompagner la montée en puissance de certains marchés et de réduire au maximum les risques sur les chaînes d’approvisionnement face à un contexte géopolitique instable. Le dirigeant a pris en exemple à cette occasion son usine du Havre qui produit des nacelles pour les Airbus A320, bien qu’il était question dans ce cas de compétitivité.