Toulouse vient de donner le coup d'envoi d'un programme national à 30 millions d'euros pour faire avancer la robotique. L'arrivée de robots miniatures et d'engins plus agiles pourrait bénéficier à de nombreuses industries.« Airbus a un carnet de commandes plein à 10 ans qui pourrait faire rêver beaucoup d'entreprises. Cela va nous demander un saut technologique pour livrer plus vite. Dans ce contexte, la robotique devient une option intéressante. Pour autant, les robots ne sont encore pas matures du point de vue de l'adaptabilité », fait remarquer Sébastien Boria, architecte informatique chez Airbus.
L'immersion des robots dans l'industrie est beaucoup plus avancée dans l'automobile. « Chez Renault, je gère un parc de 10 000 robots, avance Laurent Duthoit, chef de service innovation et standards du groupe. Les opérations de tôlerie sont déjà robotisées à 95% et on veut aller au-delà et le montage n'est qu'à 30 % car il repose sur beaucoup d'opérations très complexes nécessitant de la manipulation et de la dextérité sur lesquelles la robotique doit progresser. » L'enjeu est de taille. « L'industrie automobile chinoise est complètement robotisée, ce qui lui permet encore d'abaisser les coûts de fabrication. Progresser dans la robotique est crucial pour notre compétitivité, sinon des usines fermeront demain en Europe », ajoute-t-il.
Révolution dans la robotique
Consciente de ces enjeux cruciaux, la France a décidé de mobiliser 30 millions d'euros sur six ans et demi pour un nouveau programme dédié à la robotique. Le programme national, piloté par le CNRS et financé dans le cadre de France 2030, a été lancé depuis Toulouse ce mardi 3 février. Un choix qui ne doit rien au hasard alors que le laboratoire Laas-CNRS est l'un des fers de lance de la recherche en la matière. « L'idée de ce programme est de lever des verrous scientifiques et techniques dans le domaine de la robotique », explique Philippe Souères, directeur du programme.
Avant de développer : « Aujourd'hui, nous assistons à une véritable révolution. D'un côté, nous avons accès à des capteurs multimodaux de plus en plus précis, des actionneurs plus performants qui ont induit un renouveau de la robotique humanoïde... sans compter la capacité de produire sur place avec de la fabrication additive. De l'autre, tout le potentiel de l'IA générative et des modèles de fondation ouvre des voies nouvelles pour la robotique. »