Rafale, sous-marins... les exportations d'armement françaises dépassent les 21 milliards d'euros
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60% des commandes 2024 proviennent de pays européens, renforçant la sécurité continentale face à la menace russe
Costas Baltas
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60% des commandes 2024 proviennent de pays européens, renforçant la sécurité continentale face à la menace russe
Costas Baltas
La France a consolidé sa place de puissance exportatrice dans l'industrie de la défense, avec un chiffre d'affaires record de 21,6 milliards d'euros en 2024, selon le rapport annuel du ministère des Armées au Parlement.
Cette envolée des prises de commandes, qui atteint une deuxième meilleure performance historique, s'explique en grande partie par les mégacontrats signés pour l'avion de combat Rafale. La Serbie et l'Indonésie ont ainsi commandé respectivement 12 et 18 appareils, confirmant le succès de l'appareil de Dassault au-delà de la clientèle nationale de l'armée française. Un autre contrat majeur a contribué à ce bilan exceptionnel : la vente de quatre sous-marins d'attaque Barracuda aux Pays-Bas.
Pour le ministère des Armées, ces exportations sont une « condition absolument nécessaire pour assurer le maintien d'une base industrielle apte à équiper nos forces ». Elles permettent de mutualiser les coûts de recherche et développement (R&D) et d'assurer une production à grande échelle, ce qui réduit les coûts unitaires pour l'armée française. Cette logique d'économie d'échelle est un argument central de la politique d'exportation, qui vise à maintenir la souveraineté technologique de la France dans un secteur stratégique. Elle permet de conserver les compétences et les savoir-faire de l'industrie de l'armement, indispensables pour garantir l'autonomie stratégique du pays.
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L'explosion des dépenses militaires mondiales, en hausse de plus de 9 % en un an pour atteindre 2 676 milliards de dollars, offre un terreau fertile à ces exportations. La France, en tant que deuxième exportateur mondial derrière les États-Unis, capte une part significative de ce marché en pleine expansion. Il est notable de constater que 60 % des commandes de 2024 proviennent de pays européens, une tendance nouvelle et significative. Poussés par la menace russe, de nombreux pays du continent cherchent à moderniser et renforcer leurs capacités militaires, une aubaine que l'industrie française saisit pleinement.
Dès le mois de janvier, le ministre des Armées Sébastien Lecornu avait évoqué « plus de 18 milliards d'euros » d'exportations pour 2024. Le bilan reste cependant loin du niveau record de 27 milliards engrangé en 2022, à la faveur d'un contrat de 80 avions Rafale avec les Émirats arabes unis, mais bien au-delà des 8,2 milliards de 2023.
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« Au total, près de 40 milliards d'euros de commandes ont été enregistrées, en intégrant celles destinées aux forces armées françaises », se félicite-t-il dans ce rapport, en rappelant que « les exportations restent une condition absolument nécessaire pour assurer le maintien d'une base industrielle apte à équiper nos forces ».
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Si les exportations françaises sont traditionnellement tournées vers le Moyen-Orient et l'Asie, en 2024 60 % des prises de commandes ont été le fait de pays européens, poussés au réarmement par la menace posée par la Russie pour la sécurité du continent.
(Avec agences)
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