Dassault Aviation prêt à vendre des centaines de Falcon 10X

Le Falcon 10X de Dassault Aviation
DA00048016__ - © Dassault Aviation - Airborne Films / © Dassault Aviation - Airborne Films © Dassault Aviation - Airborne

Le Falcon 10X de Dassault Aviation
DA00048016__ - © Dassault Aviation - Airborne Films / © Dassault Aviation - Airborne Films © Dassault Aviation - Airborne
Dassault Aviation a un savoir-faire indéniable. Aussi bien dans le développement et la conception des avions militaires et d'affaires que dans les shows pour les dévoiler aux yeux du monde. Mardi soir à Mérignac (Gironde), au cœur du royaume des secrets de fabrication de l'avionneur tricolore gardés férocement (notamment la propriété intellectuelle), Dassault Aviation a révélé son dernier avion d'affaires - le 10X - dans un show éblouissant au milieu des clients de la gamme Falcon (anciens et futurs), dont la plupart étaient venus du monde entier... en avion d'affaires se poser jusqu'aux portes des hangars du constructeur.
Ce ballet d'appareils sur le tarmac de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac pourrait agacer au moment où l'aviation d'affaires, dont les clients sont trop rapidement assimilés la plupart du temps aux ultra-riches, est toujours pointée du doigt. Mais, le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier a tenu à rappeler aux détracteurs de l'aviation d'affaires que les entreprises constituaient l’essentiel des ventes de son groupe. Soit « un peu plus de 80% ». En outre, Dassault Aviation vend environ 10% de sa production aux gouvernements et aux armées (Falcon VIP, missions militaires).
Après quelques mois de retards et d'attente, le 10X est enfin là, avec des lignes élégantes et racées, avec un intérieur incroyablement chic et confortable pour des croisières pouvant relier New York à Shanghai, Los Angeles à Sydney ou encore Paris à Santiago à une vitesse maximale de 0,925 Mach. Une autonomie rendue possible par le moteur Rolls Royce, le Pearl 10X... développé en Allemagne. Un choix truculent surtout au moment où Dassault Aviation et Airbus en Allemagne sont à couteaux tirés sur le programme SCAF (système de combat aérien du futur).
Mais Eric Trappier, heureux comme rarement vu lors de cette parenthèse enchantée, avait rangé tous ses « flingues ». Ou presque. Car titillé par la presse pour lâcher quelques « scuds » , le PDG de Dassault Aviation a simplement rappelé que que Dassault n'avait « aucun problème avec les Allemands, il y a des problèmes avec Airbus. Pas parce que c'est Airbus, mais parce qu'on se dispute la responsabilité de la maîtrise d'œuvre et de l'architecture (de l'avion de combat du futur, ndlr). (...) Je vous confirme que Rolls-Royce Allemagne ne cherche pas à faire les avions à la place de Dassault. Et donc c'est un travail qui se passe très bien avec les équipes de Rolls-Royce ». Le moment n'était pas venu de ressortir les couteaux : « aujourd'hui on est content, on est heureux, pas besoin d'appuyer sur des boutons pour nous fâcher un peu plus ».
Eric Trappier avait beaucoup plus envie d'évoquer le dernier-né de la famille Falcon, dont il est forcément très (trop ?) élogieux. « Le 10X est le plus grand et le plus avancé des jets d'affaires spécialisés disponibles sur le marché. Il a été conçu pour répondre au souhait de nos clients qui recherchaient un Falcon véritablement mondial, ultra-confortable et doté d'un style français élégant », a-t-il écrit aux 400 invités présents pour le show de mardi soir à Mérignac. « C'est un bureau volant », a-t-il glissé à la presse. D’une largeur de 2,77 mètres pour 2,03 mètres de hauteur, la cabine est plus grande que celle de certains avions régionaux. Les clients peuvent configurer des intérieurs à trois ou quatre zones, y compris des espaces de restauration spacieux, des « Falcon Privacy Suites », des chambres à coucher de taille réelle ou encore des installations de douche.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Surtout, le patron de Dassault Aviation, entouré par la famille Dassault venue en nombre à Mérignac pour accompagner le lancement du 10X, était zen et détendu : « Oui je suis un patron relativement heureux. J'ai un actionnaire qui me soutient, que je connais bien. J'ai des salariés très motivés qui continuent de travailler par passion et j'ai des clients qui sont très satisfaits de leurs avions, que ce soit dans le militaire avec le Rafale ou dans les Falcon. Donc que puis-je demander de plus : que ça continue ! » .
Le 10X sera-t-il un des piliers de la croissance future du groupe ? Eric Trappier l'espère fortement. Il compte en vendre « des centaines dans les années qui viennent ». Le patron de Dassault Aviation a expliqué que ses deux concurrents - l'américain Gulstream (Gulfstream G800) et le canadien (Bombardier Global 8000), dont les deux appareils sont entrés en service en 2025 - en vendaient beaucoup. Mais, veut croire Eric Trappier, le 10X, qui sera « plus moderne », « va faire mieux ».Pour l'heure, les clients du 10X attendent l'arrivée du premier avion. « Ils ont été déjà très séduits quand on a lancé virtuellement cet avion il y a quelques années et ils sont toujours impatients de voir un nouvel avion » de Dassault Aviation.
Eric Trappier se dit satisfait du démarrage commercial du 10X, dont plusieurs appareils sont déjà dans le carnet de commandes. « Pour l'instant, on a pris des avions en commande, donc on est très content », a-t-il assuré. Avant d'accélérer sur le plan commercial, « il faut le produire, il faut le sortir, il faut le certifier... il reste encore beaucoup de travail », a-t-il expliqué. Pour gagner du temps, le constructeur a déjà lancé quelques productions en avance de phase. Il a précisé qu'il pouvait monter la cadence à deux avions par mois dans ce nouveau hangar.
À lire également
Quels sont les tout derniers secrets du 10X ? Le prix, le premier vol et la mise en service. Eric Trappier a confirmé qu'il était de l'ordre de 80 millions de dollars tout en précisant qu'il pouvait y avoir encore des « révisions de prix, l’inflation... ». Pour le connaître exactement, il vaut mieux être client de Dassault Aviation. Quant au premier vol, il a carrément botté en touche. A priori, il devrait être effectué très prochainement. Enfin, la mise en service du 10X devrait intervenir dans « deux à trois ans » après le premier vol. « C'est avant la fin de la décennie mais je ne vous dirai pas quand exactement », a-t-il esquivé.