Crash d’Air India : une « perturbation électrique », le scénario qui pourrait tout remettre en cause
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Le crash du Bœing 787-8 d'Air India avait coûté la vie à 260 personnes en juin 2025.
REUTERS - Adnan Abidi
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Le crash du Bœing 787-8 d'Air India avait coûté la vie à 260 personnes en juin 2025.
REUTERS - Adnan Abidi
Un dysfonctionnement électrique pourrait rebattre les cartes de l’enquête sur le crash d’un Bœing 787-8 d’Air India, qui avait coûté la vie à 260 personnes en juin 2025. Alors que la piste d’une erreur de pilotage a longtemps dominé les premières interprétations, les représentants des pilotes indiens remettent sur la table un scénario technique encore largement inexploré.
Dans une lettre adressée lundi au ministère de l’Aviation, la Fédération des pilotes indiens (FIP), qui revendique plus de 5 000 membres, estime qu’« un dysfonctionnement électrique, et non une erreur de pilotage, pourrait être à l’origine du crash meurtrier d’un appareil Air India l’an dernier ». Une prise de position qui intervient à quelques semaines seulement de la publication du rapport final de l’enquête officielle.
Le 12 juin 2025, l’appareil s’était embrasé peu après son décollage d’Ahmedabad, dans l’ouest de l’Inde. Le bilan humain avait été particulièrement lourd : 241 des 242 personnes à bord avaient perdu la vie, auxquelles s’ajoutent 19 victimes au sol.
Un premier rapport du Bureau indien d’enquête sur les accidents d’aviation (AAIB), publié un mois après le drame, avait déjà apporté un élément technique central : « l’alimentation en carburant des moteurs avait été coupée peu avant l’impact ». Une observation qui avait immédiatement ouvert la voie à des interrogations sur une possible erreur humaine, sans pour autant permettre d’en établir la cause.
C’est précisément cette zone d’ombre que la FIP entend aujourd’hui remettre au centre du dossier. Dans sa lettre, la fédération évoque une « note technique » qui « suggère une cause plausible » nécessitant des investigations supplémentaires. Elle avance notamment un scénario alternatif : « Une perturbation électrique avant le décollage aurait pu provoquer un déclenchement involontaire du relais et une coupure de l’alimentation en carburant des deux moteurs sans intervention du pilote », écrit la FIP.
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Au-delà de cette hypothèse, la fédération appelle à ne pas refermer trop rapidement la porte aux causes techniques. Elle rappelle que « l’Organisation de l’aviation civile internationale (...) exige que toutes les causes techniques crédibles soient d’abord écartées. » Et insiste sur la nécessité d’une analyse approfondie : la FIP demande ainsi une « analyse électrique détaillée », ajoutant que « les causes techniques ne pourront pas être écartées jusqu’à ce que cette analyse soit réalisée ».
Alors que les conclusions définitives de l’enquête sont attendues d’ici le mois prochain, cette prise de position introduit un scénario concurrent à celui qui a longtemps structuré le débat public et technique. Entre hypothèse humaine et défaillance système, l’équilibre de l’interprétation du crash pourrait encore évoluer à mesure que l’enquête touche à sa fin.
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