Catastrophe d'Air India : Boeing hors de cause... pour le moment
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Photo d'illustration
Amit Dave
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Le Boeing 787 Dreamliner du vol Air India 171 s'est écrasé moins d'une minute après son décollage de la ville d'Ahmedabad, dans le nord-ouest de l'Inde, à destination de Londres. À bord, 242 passagers et membres d'équipage ont péri dans l'accident, tandis qu'un passager a miraculeusement survécu. Au sol, 19 autres personnes ont été tuées par la chute de l'appareil.
Dans son rapport préliminaire publié samedi, le Bureau indien d'enquête sur les accidents aériens (AAIB) a révélé que les interrupteurs d'alimentation des deux réacteurs se sont presque simultanément mis en position « arrêt », les privant de leur puissance.
Le document de 15 pages n'en tire pour l'heure aucune conclusion définitive ni ne pointe aucune responsabilité, mais il précise que les deux pilotes, surpris, ont constaté l'incident et s'en sont interrogés.
Selon les constatations de l'AAIB, le Boeing avait atteint une vitesse de 180 nœuds (333 km/h) lorsque les interrupteurs d'alimentation en carburant sont soudainement passés de la position "RUN" (ouvert) à la position "CUTOFF" (arrêt) pour le premier moteur, puis pour le second une seconde après. Les deux réacteurs, fabriqués par le groupe américain General Electric, se sont alors brièvement arrêtés.
Le décryptage des boîtes noires récupérées dans les débris du Boeing traduit la surprise du commandant de bord, âgé de 56 ans, et de son copilote, âgé de 32 ans, qui affichaient tous les deux plusieurs milliers d'heures de vol.
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« Dans l'enregistrement des conversations dans le cockpit, l'un des pilotes demande à l'autre pourquoi il a coupé l'alimentation en carburant. Le second pilote répond qu'il ne l'a pas fait », décrit le rapport.
Moins d'une minute plus tard, l'un d'eux a transmis le signal de détresse « Mayday, Mayday, Mayday ». Les contrôleurs aériens ont interrogé l'équipage sur la cause de l'urgence, sans obtenir de réponse.
Erreur de manipulation ou problème technique ? L'enquête devrait désormais se concentrer sur l'origine du mouvement des deux interrupteurs, qui sont repassés en position ouvert juste avant la chute du Boeing. Dans son rapport, l'AAIB rappelle que l'Administration fédérale de l'aviation (FAA) américaine avait publié un bulletin d'information en 2018 sur « le désengagement potentiel de la fonction de verrouillage de l'interrupteur de contrôle du carburant » de certains Boeing, dont le 787.
Air India a informé les enquêteurs qu'elle n'avait pas effectué d'inspection car elles étaient « conseillées et non obligatoires », le problème n'ayant alors pas été jugé comme une « condition dangereuse ».
L'AAIB n'a d'ailleurs émis dans son rapport préliminaire « aucune action recommandée pour les opérateurs et fabricants de moteurs B787-8 et/ou GE GEnx-1B », suggérant qu'il n'y avait pas d'inquiétudes techniques immédiates sur les moteurs ou l'appareil. Le constructeur et la compagnie aérienne n'ont fait aucun commentaire sur le contenu du rapport.
« Nous continuons de soutenir l'enquête et nos clients », a écrit Boeing dans un communiqué. Cette catastrophe est la première impliquant un de ses B-787 Dreamliner depuis leur mise en service en 2011.
« Nous continuons à coopérer pleinement avec l'AAIB et les autres autorités », a pour sa part indiqué Air India.
Les premiers constatations, auxquelles ont participé des enquêteurs du Royaume-Uni et des États-Unis, n'ont révélé aucun autre problème particulier sur l'avion ou sa maintenance, selon l'AAIB.
« Ce n'est qu'un rapport préliminaire », a souligné devant la presse le ministre délégué à l'Aviation civile indien, Ram Mohan Naidu Kinjarapu, l'enquête « va encore prendre des mois, si ce n'est plus ».
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