L’Inde a décidé d’envoyer aux Etats-Unis un interrupteur d’alimentation en kérosène d’un Boeing 787 d’Air India pour expertise, après un incident signalé par un pilote.
L’enquête sur le crash meurtrier d’Air India prend une nouvelle tournure technique. L’aviation civile indienne a annoncé mardi soir l’envoi aux Etats-Unis d’un interrupteur d’alimentation en kérosène équipant un Boeing 787 Dreamliner afin qu’il soit inspecté par son fabricant d’origine, après un incident signalé plusieurs mois avant la catastrophe d’Ahmedabad.
Le composant en question, installé sur un Boeing 787-8 d’Air India, avait déjà suscité des inquiétudes le 2 février dernier. Ce jour-là, la compagnie avait immobilisé un appareil devant assurer une liaison entre l’aéroport londonien d’Heathrow et Bangalore, après qu’un pilote eut signalé un possible défaut affectant cet interrupteur.
Ce signalement est désormais examiné avec une attention particulière à la lumière du drame survenu le 12 juin 2025. Un Boeing 787-8 d’Air India s’était alors écrasé quelques secondes après son décollage d’Ahmedabad, dans l’ouest de l’Inde. Le crash avait fait 260 morts au total, dont 241 des 242 personnes présentes à bord.
Vérifications sur toute la flotte
Dans un rapport préliminaire publié en juillet, le Bureau indien d’enquête sur les accidents aériens (AAIB) avait révélé que les interrupteurs d’alimentation en carburant des deux réacteurs avaient été presque simultanément placés en position « arrêt » peu après le décollage. Une anomalie critique, sans toutefois que les enquêteurs ne déterminent à ce stade s’il s’agissait d’une erreur humaine ou d’un dysfonctionnement technique.
Après l’alerte de février, Air India avait procédé à des vérifications sur l’ensemble de sa flotte de Boeing 787, à la demande du constructeur américain Boeing. Selon le ministère indien de l’Aviation civile, ces inspections ont conclu que l’interrupteur concerné « fonctionnait mécaniquement conformément à sa conception ».
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Conclusions finales d'ici juin
Les autorités indiennes ont néanmoins décidé d’aller plus loin en ordonnant une expertise approfondie aux Etats-Unis, en présence de plusieurs représentants de l’aviation civile indienne. Cette décision illustre la sensibilité extrême entourant le programme 787 Dreamliner, appareil phare de Boeing déjà confronté ces dernières années à plusieurs controverses industrielles et réglementaires.
Pour Boeing , dont la réputation reste fragilisée par une succession de crises de sécurité et de qualité, l’enquête indienne est suivie de près par l’ensemble du secteur aéronautique. Les conclusions finales de l’AAIB sont attendues d’ici juin prochain et pourraient avoir des conséquences importantes sur les procédures opérationnelles et la certification technique de certains équipements critiques du long-courrier américain.