L’avion hybride de Voltaero en redressement, première victime des déboires d'ACI Groupe

Le fondateur de Voltaero, Jean Botti, devant l'avion à motorisation hybride développé par la société.
MG / La Tribune

Le fondateur de Voltaero, Jean Botti, devant l'avion à motorisation hybride développé par la société.
MG / La Tribune
En juin au Salon du Bourget, la grand-messe de l’aviation, ACI Groupe et Voltaero fanfaronnaient. Le sous-traitant aéronautique annonçait sa prochaine entrée en Bourse, tandis que la start-up faisait voler son avion d'essai en fêtant l'arrivée d'un industriel à son capital. Trois mois plus tard, voilà que le redressement judiciaire du premier entraîne la même procédure chez le second.
Comme le média Sud Ouest l'a révélé, le concepteur d'avions hybrides et légers basé en Charente-Maritime s'est retrouvé en cessation de paiements le 25 septembre, puis en redressement le 7 octobre, puisque ACI Groupe n'a pas honoré son engagement.
« L'entrée au capital devait être signée à la fin du mois, ce qui nous assurait la trésorerie pour continuer l'activité », explique Jean Botti, le fondateur de Voltaero, à La Tribune. ACI Groupe devait s'emparer de 10 % du capital pour un montant de plus de 10 millions d'euros. Sans cet argent frais, impossible de poursuivre le développement de l'avion hybride dédié au transport et à la logistique régionale. Elle avait bouclé une levée de 32 millions d'euros en 2022. « Nous sommes les victimes collatérales d'une situation ubuesque », s'agace Jean Botti.
ACI, ce groupe de sous-traitance industrielle qui compte 1 500 salariés et enregistre 150 millions d'euros de chiffre d'affaires, a été placé en redressement judiciaire par son directeur général fin septembre sans qu'aucun membre de son comité exécutif n'ait été mis au courant. De quoi geler l'ensemble des investissements prévus, dont celui prévu chez Voltaero. Pour sauver le projet, Jean Botti veut convaincre l'État malaisien de Sarawak, qui participe à la levée de fonds, d'augmenter sa prise de participation. La recherche d'un autre investisseur est également sur la table.
Il y a moins d'un an, en novembre 2024, la quarantaine de salariés de Voltaero inaugurait son nouveau siège sur l'aéroport de Rochefort en Charente-Maritime. Elle ambitionne d'y développer le premier modèle de série de son avion hybride début 2026 afin de l'homologuer. Le site doit ensuite accueillir une ligne d'assemblage pour fabriquer jusqu'à 150 unités par an. « Les dessins sont faits, il n'y a plus qu'à lancer la fabrication. J'ai un mois pour trouver une solution si on veut tenir les engagements », appuie le dirigeant.
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250 avions ont été précommandés, assurant suffisamment de ressources pour démarrer une activité industrielle. Mais avant cela, il faudra aussi des financements d'amorçage. Et si les fonds privés se sont montrés prudents jusqu'ici, la start-up n'a pas manqué de soutien public. L’État a ainsi versé 5,6 millions d'euros à travers le plan France 2030 et son volet développement de l'avion bas carbone, tandis que le soutien cumulé de la Région Nouvelle-Aquitaine grimpe à 10,3 millions, dont la moitié en subventions. La favorite des pouvoirs publics entre désormais dans une période de six mois où elle restera sous la surveillance du tribunal de commerce.
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