Avec Merz, le programme SCAF a-t-il pris sa dernière « baffe » ?

Le SCAF va-t-il se crasher ?
SCAF

Le SCAF va-t-il se crasher ?
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Avant d’avoir décollé, le SCAF pourrait déjà se crasher. Le système de combat aérien du futur (SCAF), porté par l'Allemagne, l'Espagne et la France, est clairement aujourd'hui en état de mort cérébrale dans sa forme actuelle. Le chancelier allemand a été mercredi clair, très clair sur l'avenir de ce programme en souffrance depuis plusieurs mois. « La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions (...) ou seulement un seul ? », s'est faussement interrogé Friedrich Merz dans le podcast allemand Machtwechsel. Il a notamment relevé avec une très mauvaise foi que Paris et Berlin sont « en désaccord sur les spécifications et les profils » de l'avion de combat du futur que les trois pays sont censés développer ensemble.
Quant à Emmanuel Macron, il a continué de défendre d'Inde où le président est en visite, le SCAF, en dépit de cette nouvelle et dernière (?) baffe... « Au vu des enjeux stratégiques pour notre Europe, il serait incompréhensible que des divergences industrielles ne puissent être surmontées alors même que nous devons collectivement montrer unité et performance dans tous les domaines intéressant son industrie, sa technologie et sa défense », a estimé l’Élysée. Le président français est-il dans le déni absolu ? Il est aujourd'hui le seul à défendre le SCAF en l'état
En même temps, l'échec de ce programme lancé en grande pompe mais sans aucune concertation industrielle en juillet 2017 à Paris avec la chancelière Angela Merkel, serait l'aveu d'une terrible Bérézina pour le Chef de l’État. Car la plupart des programmes annoncés ce jour-là ont été progressivement torpillés par Berlin (modernisation du Tigre, missile tactique MAST-F et l'avion de patrouille maritime) tandis que Paris souhaite se retirer de l'Eurodrone. Reste le SCAF en état de mort cérébrale et le système du char du futur en petite forme.
Problème quasi insurmontable, la présidence de la République n'a semble-t-il plus aucun levier pour contraindre Airbus et Dassault Aviation à coopérer sur le SCAF. « La solution est chez les industriels. L’État n'a pas entré dans le secret des affaires de ces deux entreprises », avait d'ailleurs confié en janvier la ministre des Armées, Catherine Vautrin dans l'émission Air&Defense de BFM Business et La Tribune. Pourquoi Dassault Aviation et Airbus sont-ils si opposés ? « La question centrale est le 'lead share' entre Dassault et Airbus (partage du leadership, ndlr) : qui a le pouvoir de décider quoi, qui va être inclus dans une décision. Sur ces points, il y a un désaccord fondamental » entre les deux groupes, précise une source proche du dossier.
« Comment je peux avoir un leadership alors que j’ai en face de moi quelqu’un qui pèse deux fois plus », avait martelé en juillet 2025 le PDG de Dassault Aviation. Le pilier 1 (avion de combat) du programme SCAF est effectivement réparti en trois blocs en matière de travaux : Dassault Aviation (33,3 %), Airbus Allemagne (33,3 %) et Airbus Espagne (33,3 %). 2022 avait été une année importante pour le programme SCAF, avec la signature du contrat de la phase 1B (études détaillées, maturation technologique, préparation du démonstrateur) et la structuration des piliers. Mais cela a été surtout le début de la fin... Face au blocage des industriels, les Français ont tenté depuis plusieurs mois mais en vain d'imposer une nouvelle gouvernance.
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Les arguments avancés par le Chancelier Merz pour arrêter le SCAF sont très surprenants, pour ne pas dire fallacieux. D'ailleurs, l’Élysée a tenu répondre sur ce point : « les besoins militaires des trois États participants n'ont pas changé, qui incluaient d'emblée la dissuasion française comme les autres missions de l'avion du futur ». Les Allemands semblent aujourd’hui le redécouvrir. « Les Français ont besoin, dans la prochaine génération d'avions de combat, d'un avion capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l'armée allemande », a expliqué le chancelier dans le podcast allemand Machtwechsel.
Pour le chancelier, si ce problème n'est pas résolu « nous ne pourrons pas poursuivre le projet », assurant qu'il y avait « d'autres (pays) en Europe », prêts à travailler avec Berlin. Reste à trouver une belle épitaphe pour le SCAF.