Arctique : les pays nordiques et le Canada accélèrent leur coopération industrielle et militaire
latribune.fr
Le Premier ministre islandais Kristrun Frostadottir, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, le Premier ministre canadien Mark Carney, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Stoere, la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le Premier...
Réunis à Oslo, les pays nordiques et le Canada ont décidé de renforcer leur coopération stratégique et industrielle dans l’Arctique, une région de plus en plus convoitée sur fond de tensions géopolitiques.
Les pays nordiques et le Canada ont décidé de renforcer leur coopération dans l’Arctique, une région stratégique de plus en plus convoitée et exposée aux rivalités internationales. Réunis dimanche à Oslo, les dirigeants de la Norvège, de la Suède, du Danemark, de la Finlande, de l’Islande et du Canada ont annoncé un rapprochement visant à consolider leur sécurité collective, mais aussi à développer leur coopération industrielle, notamment dans le secteur de la défense.
Dans un communiqué conjoint, les six pays ont réaffirmé leur attachement au multilatéralisme et au droit international « à une époque marquée par des tensions géopolitiques accrues, la guerre et une multitude de crises ». Tous membres de l’Otan, ils entendent renforcer leurs liens dans plusieurs domaines stratégiques, allant de la défense au commerce, en passant par les technologies, l’énergie bas carbone et l’accès aux ressources minérales.
« Des pays comme les nôtres doivent rester unis »
Au cœur de cette initiative figure également une volonté de rapprocher leurs industries de défense afin de mieux répondre aux défis sécuritaires. Les six Etats ont ainsi annoncé un accord pour renforcer leur coopération industrielle dans ce domaine, tout en réaffirmant leur engagement à soutenir l’Ukraine, sur les plans économique, civil, militaire et humanitaire.
Pour la Première ministre danoise Mette Frederiksen, la multiplication des crises impose un resserrement des alliances. « Avec tout ce qui se passe actuellement —la guerre en Ukraine, les Etats-Unis qui, malheureusement, lèvent des sanctions contre la Russie, et une guerre au Moyen-Orient— des pays comme les nôtres doivent rester unis », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
Longtemps considérée comme un espace relativement préservé des rivalités stratégiques, l’Arctique voit aujourd’hui son statut évoluer rapidement. La région a longtemps reposé sur l’idée d’un « exceptionnalisme arctique », selon lequel la coopération scientifique et économique y prévalait sur les tensions politiques. Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie, conjuguée à l’intérêt croissant de grandes puissances pour ses ressources, a profondément rebattu les cartes.
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La fonte accélérée de la banquise, trois à quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale, renforce en effet l’attractivité économique de la zone. Elle facilite l’accès à d’importantes réserves d’hydrocarbures, de minerais et de ressources halieutiques, tout en ouvrant de nouvelles routes maritimes susceptibles de raccourcir les échanges entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.
Capacités de combat en conditions extrêmes
Dans ce contexte, les dirigeants nordiques et canadiens estiment que la Russie représente aujourd’hui la principale menace dans la région. « Nous sommes tous confrontés à une liste croissante de défis : des défis pour la sécurité de l’Arctique, des défis liés à l’évolution de la nature de la guerre, et des défis qui découlent de l’interaction entre les nouvelles technologies et les conflits —réels comme virtuels— qui se rapprochent de nous tous », a souligné le Premier ministre canadien Mark Carney.
La Chine pourrait également jouer un rôle croissant à moyen terme. « A plus long terme, on peut aussi voir la Chine », a averti le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre.
Cette réunion intervient alors que quelque 32.000 soldats issus de 14 pays de l’Otan participent actuellement à l’exercice militaire Cold Response en Norvège et en Finlande, destiné à tester les capacités de combat en conditions extrêmes. Dans le même temps, les ambitions américaines sur le Groenland, territoire autonome danois, alimentent les crispations. Washington a récemment soutenu une initiative de l’Otan baptisée Arctic Sentry visant à renforcer la sécurité dans la région, notamment pour répondre aux préoccupations stratégiques de l’administration de Donald Trump