L’Australie lance son chantier de sous-marins nucléaires dans le cadre d’Aukus
latribune.fr
Réunion ministérielle Australie – États-Unis à Washington, le 8 décembre. La coopération militaire entre les deux pays s'inscrit au cœur du dispositif Aukus destiné à renforcer la présence occidentale dans l'Indo-Pacifique.
Canberra débloque 3,9 milliards de dollars australiens pour construire un chantier naval dédié aux sous-marins nucléaires. Une étape clé du pacte Aukus, qui vise à consolider l’équilibre stratégique dans l’Indo-Pacifique.
L’Australie passe de la parole aux actes. Le gouvernement d’Anthony Albanese a annoncé le déblocage d’un premier investissement de 3,9 milliards de dollars australiens (2,4 milliards d’euros) pour lancer la construction d’un chantier naval destiné aux sous-marins à propulsion nucléaire. Ce financement constitue la première pierre industrielle du pacte Aukus, conclu en 2021 entre Canberra, Washington et Londres afin de renforcer la présence stratégique occidentale dans l’Indo-Pacifique face à la montée en puissance de la Chine.
À terme, l’investissement total dans ce nouveau site, situé à Osborne près d’Adélaïde, est estimé à 30 milliards de dollars australiens (18 milliards d’euros). « Crucial pour fournir l’Australie en sous-marins à propulsion nucléaire équipés d’armes conventionnelles », a déclaré le Premier ministre dans un communiqué.
Un programme à 200 milliards d’euros
Dans un premier temps, l’accord prévoit la livraison à partir de 2 032 de trois à cinq sous-marins américains de classe Virginia. Puis, à partir de 2040, une nouvelle génération d’appareils furtifs SNN-AUKUS sera co-construite par le groupe britannique BAE Systems et l’entreprise publique australienne ASC. Les premiers exemplaires seront assemblés au Royaume-Uni, les suivants en Australie. Le coût total du programme, sous-marins inclus, est estimé à près de 200 milliards d’euros sur trente ans.
Le ministre de la Défense Richard Marles a salué « la transformation en cours » du site d’Osborne, affirmant qu’elle démontrait la capacité du pays à développer une base industrielle souveraine dans le nucléaire naval.
L’annonce du pacte Aukus en 2021 avait provoqué une crise diplomatique majeure avec Paris. Canberra avait alors annulé un contrat signé en 2016 avec Naval Group pour la construction de douze sous-marins conventionnels, un marché estimé quatre fois moins coûteux que le programme actuel.
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Un temps fragilisé par les hésitations de l’administration Donald Trump, dont les chantiers navals peinent à répondre aux besoins de la marine américaine, l’engagement des États-Unis dans Aukus a finalement été confirmé en décembre.